* Survivre avec les loups

Publié le par 67-ciné.gi 2008

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Survivre avec les loups drame de Véra Belmont

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avec :
Mathilde Goffart, Yael Abecassis, Guy Bedos, Michèle Bernier, Benno Fürmann, Anne-Marie Philipe et Franck de la Personne


durée : 1h58
sortie le 16 janvier 2008

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Synopsis
Une petite fille de 8 ans parcourt l’Europe nazie à la recherche de ses parents.
Elle s’appelle Misha. Elle est juive. Son père et sa mère viennent d’être déportés. Elle ne sait qu’une seule chose : ils sont à l’est. A l’aide d’une simple petite boussole, elle quitte sa Belgique natale et rejoint l’Ukraine à pied, traversant l’Allemagne et la Pologne, dans l’espoir de les retrouver.
Pour survivre, elle vole de la nourriture et des vêtements.
Pour survivre, elle évite les hommes et leur violence.
Pour survivre, elle intègre une meute de loups. Et devient l’une des leurs.
D’après le récit autobiographique de Misha Defonseca, un témoignage poignant sur la cruauté des hommes et l’humanité des animaux.

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Misha Defonseca, auteur de Survivre avec les loups
Misha Defonseca, après son enfance dans la tourmente de la guerre, s’est mariée et a eu un fils. Elle vit actuellement près de Boston, entourée de ses animaux. Survivre avec les loups, le récit de son odyssée à travers l’Europe à la recherche de ses parents déportés, a été traduit en dix-sept langues et a bouleversé des centaines de milliers de lecteurs dans le monde.

Interview de Misha Defonseca
- : "Qu’avez-vous ressenti en voyant votre histoire prendre vie sur grand écran ?"

Misha Defonseca : "Des frissons, j’ai ressenti à nouveau les douleurs dans mon corps, le froid, la neige, la pluie, ma détermination. Voir revivre mes parents à l’écran est pour moi un hommage à ceux qui me manqueront toujours, hommage aussi au grand-père, à Marthe, aux partisans russes, une façon de dire : je ne vous ai pas oubliés. Où que vous soyez, reposez en paix, des milliers de gens vont vous voir, vous ne serez plus des inconnus emportés par la tourmente de la folie humaine."

- : "Qu’espérez-vous que les spectateurs retiendront du film de Véra Belmont ? De votre histoire ?"

M. D. : "Une leçon de courage, de ténacité et d’espoir. J’espère qu’ils auront un regard différent vis-à-vis des loups et de tous les animaux du monde, que le film leur fera sentir et comprendre l’horreur de la guerre."

- : "Que pensez-vous de l’actrice choisie pour vous incarner ?"

M. D. : "Mathilde y est superbe, plus grande que je ne l’étais moi, très naturelle – je suis heureuse de pouvoir la rencontrer très bientôt et de parler avec elle."

- : "Rétrospectivement, comment pensez-vous êtes parvenue à vous faire accepter par cette meute de loups ?"

M. D. : "L’innocence, l’ignorance du danger et puis l’empathie envers les animaux qui est innée chez moi. Je n’étais pas une menace, je n’avais pas peur et j’étais petite."

- : "Quel est votre quotidien aujourd’hui ?"

M. D. : "Ma vie est simple, je vis entourée d’animaux, tous recueillis ou sauvés, je m’occupe d’eux à temps plein, et aussi de mes plantes ; j’ai une minuscule maison et je manque de place pour avoir plus d’animaux, surtout des sauvages, bien qu’il y ait des lynx et des ours dans les environs."

- : "Avez-vous pensé à ce qu’aurait été votre vie si vous aviez retrouvé vos parents ?"

M. D. : "Oui, j’y ai pensé très souvent et même encore aujourd’hui. Maintenant que l’hommage à mes parents, aux Justes a été fait, je rêve d’une maison plus isolée, plus spacieuse, où je pourrais vivre oubliée des autres et enfin terminer de panser mes blessures à l’âme."

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Notes de production
La neige. La pluie. Le froid. La tempête. Le mauvais temps n’aura pas épargné les seize semaines de tournage de Survivre avec les loups dont le jeu des co-productions et des partenariats a mené l’équipe en Franche-Comté et en Alsace pour la France mais aussi en Allemagne et en Belgique. La réalisatrice Véra Belmont, respectant le périple de la jeune Misha dans l’Europe de la Deuxième Guerre Mondiale, voulait intégrer les quatre saisons de l’année dans son film. “Un peu d’automne quand elle commence son voyage, beaucoup d’hiver, un peu de printemps, un bout d’été et encore un peu d’automne quand elle rentre à Bruxelles qui a été libérée en septembre 1944”, énumère la réalisatrice. Mais quand elle a eu besoin de la fraîcheur de l’automne, elle a eu 50 cm de neige, quand elle a eu besoin de la neige de l’hiver, elle a eu un soleil magnifique, quand elle a eu besoin de la chaleur de l’été, elle a eu des trombes d’eau. A chaque fois, la réactivité et la capacité d’adaptation de Véra Belmont et de son équipe ont fait des miracles.
D’octobre 2006 à juillet 2007, le tournage a été divisé en quatre phases de quatre semaines de six jours avec une moyenne de trois semaines de préparation entre deux phases de tournage. Hormis une équipe permanente d’une dizaine de personnes, chaque phase de tournage s’organisait autour d’une nouvelle équipe technique française, belge ou allemande et de trois contraintes majeures : tourner avec une enfant qui était de tous les plans et donc aménager son plan de travail et celui de ses doublures, tourner constamment en extérieur et donc trouver des solutions de dernière minute en cas de mauvaises surprises, et tourner avec des loups et donc vivre selon leur rythme d’animaux capricieux. “Pire que des Marlon Brando”, dira même Véra Belmont.

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Un livre, un film
Véra Belmont a découvert Survivre avec les loups, le livre de Misha Defonseca, vers la fin des années 1990. L’histoire vraie de cette petite fille partant à la recherche de ses parents déportés l’a tout de suite touchée, lui rappelant ses propres moments d’enfant cachée pendant la Deuxième Guerre Mondiale.
Je suis juive, russo-polonaise d’origine, je suis née en France et j’ai toujours voulu faire un film sur l’Holocauste”, précise la réalisatrice. “Mais je ne trouvais pas le biais. Je me disais que si je racontais ce que tout le monde racontait déjà, ça ne serait pas intéressant. Mais parler de l’Holocauste à travers l’histoire de cette enfant était pour moi le meilleur moyen.
Elle a alors acheté les droits du livre et en a commencé l’adaptation.
Le plus dur dans un film, contrairement à un roman, est de distordre le temps. Je ne peux pas raconter son histoire sur trois ans, je ne peux pas raconter tout son voyage puis son retour. Un film, c’est l’adaptation d’un moment et de certains événements. Et puis je voulais avant tout faire un film pour la famille, je voulais rester dans l’optique d’un conte tragique. J’ai donc choisi de garder les épisodes avec ses parents Reuven (Benno Fürmann) et Gerusha (Yael Abecassis), avec Ernest (Guy Bedos) parce qu’il lui apprend tout, avec les Russes qui sont gentils avec elle, avec les enfants enfuis du ghetto et bien sûr avec les loups. J’ai choisi aussi des scènes qui suggèrent plus qu’elles ne montrent. Je ne sais pas filmer l’horreur. Il y en a peut-être qui savent le faire. Moi pas.

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Mathilde, une actrice à part entière
Ce que Véra Belmont sait faire en revanche, c’est trouver l’interprète parfaite pour incarner Misha. Mathilde Goffart vient de Belgique et Survivre avec les loups est son tout premier film. Elle a fêté ses 9 ans pendant le tournage. “J’ai observé cette petite rouquine au cours d’un atelier organisé pour le casting”, se souvient Véra Belmont. “Elle portait des nattes, elle était timide et introvertie mais il y avait ce mystère dans sa présence que les autres n’avaient pas. Et quand elle s’ouvre aux autres, elle rayonne. Elle a un instinct. Vous lui montrez ce que vous voulez et non seulement elle le fait et mais en plus elle apporte quelque chose. Elle inventait souvent certains de ses dialogues. Elle n’a pas d’inhibition, elle ose tout. Je pensais que certaines scènes seraient difficiles à jouer pour elle, mais non. Il y a avait des choses qu’elle faisait tout de suite très bien pour moi. La seule difficulté que j’ai rencontrée avec elle concerne la scène où elle mange des vers de terre car ça la dégoûtait vraiment. Elle m’en a voulu à mort pour cette scène.
Cette fameuse scène des vers de terre est la seule où Mathilde, surnommée “Miss Zéro Caprice” sur le tournage, a craqué. La seule crise de larmes de ses quinze semaines de tournage pendant lesquelles elle a étonné toute l’équipe par sa force, son courage, sa patience, son intelligence et son talent. Résultat, c’est la main d’une doublure qui triture les vers de terre. Pour les manger, au contraire, elle y va de bon coeur. Forcément, ce sont des friandises. “Quand je mange le ver de terre, c’est en fait un bonbon au cola avec de la poudre de chocolat autour”, sourit Mathilde repensant à son menu spécial. “Quand je dois manger de la viande de sanglier, ce sont des quetsches et pour la viande de lièvre ce sont des fraises Tagada.” Un des bons souvenirs du tournage comme quand il fallait courir ou faire des roulés boulés dans la neige. “J’ai aussi une cascade”, s’anime la petite fille. “J’ai dû sauter d’un toit. Un cascadeur était à côté de moi, j’étais attachée avec une corde et j’ai sauté dans des mousses posées sur le sol.

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Moïra, Mako, Pataud et les autres
Véra Belmont a confié au dresseur Pierre Cadéac la tâche de trouver, dresser et faire jouer trois loups adultes et leurs doublures, des loups gris et cinq louveteaux. Au total, une quinzaine de loups ont batifolé en toute sécurité pendant vingt-cinq jours de tournage en Alsace et en Franche-Comté, avec toute la logistique que cela impliquait : un grand semi-remorque équipé de cages, d’un réfrigérateur et d’une cuisine, une clôture autour du camion pour lâcher ses loups et un autre parc fait de fils électrifiés entourant le plateau.
Il est très difficile de constituer une meute avec une louve blanche (Moïra qui joue Mama Rita), un loup noir (Mako qui joue Papa Ita), un loup roux (Pataud qui joue Clair de lune) et des loups gris sans qu’il y ait des affrontements”, affirme Pierre Cadéac. “Et il faut toujours transporter les loups ensemble car quand un loup est séparé trop longtemps de sa meute, il en est exclu par les autres qui l’attaquent dès qu’il revient.
Pierre Cadéac avoue que pour faire faire au loup ce qu’il veut, ce n’est pas du dressage mais de la ruse. “On ne dresse pas un loup à aller jusqu’à un comédien”, explique le dresseur. “On habitue le loup à un objet, comme un caillou. Il sait qu’à chaque fois qu’il posera sa patte sur ce caillou, il recevra une récompense, un bout de viande donné discrètement par l’acteur ou lancé hors champ par le dresseur. J’utilise aussi des ultrasons. Quand je déclenche un appareil à ultrasons, le loup va vers ce son pensant qu’il va y trouver de la nourriture. En déclenchant plusieurs ultrasons successifs, je peux lui faire suivre un parcours précis.

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Une enfant et des loups
Le loup est un des animaux les plus difficiles au cinéma”, continue Pierre Cadéac. “Physiquement, il ressemble au chien, mais dans sa tête, il est très différent. Il est féroce et furtif mais aussi très méfiant et prudent. Il se méfie de tout, ce qui le rend très difficile à travailler. La moindre nouveauté dans son horizon, dans son environnement peut déclencher une panique chez lui. Il peut avoir peur à tout moment. Mais en même temps, dès qu’il a un peu d’assurance, ce dont on a besoin pour pouvoir travailler, il peut devenir très dangereux et sans raison, mordre l’acteur.
La première résolution de Véra Belmont a donc été de tourner séparément plus de 50% des scènes entre Mathilde Goffart et les loups. Mais devant le contact que la petite fille a eu avec les loups dès le premier jour, 90% des scènes ont finalement été tournées avec l’actrice et les animaux ensemble.
C’est un vrai miracle”, reconnaît Pierre Cadéac. “Mathilde pourrait devenir une bonne dresseuse, elle a tout compris des règles à suivre avec les loups. Quand l’un d’eux avait une attitude un peu trop dominatrice envers elle, elle n’avait pas peur de lui donner une tape. Ca ne faisait pas mal au loup mais ça le surprenait et il comprenait qu’il y avait des règles qu’il ne pouvait transgresser. Et elle était la seule à pouvoir poser ces limites et s’imposer.
La jeune Mathilde Goffart a aussi intégré son rôle à la perfection ce qui était presque inquiétant. “Je l’ai mise en garde un jour, sur une scène avec Pataud”, se souvient Pierre Cadéac. “Je lui ai dit de garder ses distances parce qu’il y avait de la nourriture et que le loup risquait d’entrer en compétition avec elle pour l’obtenir. Il pouvait alors avoir une réaction agressive. Elle m’a dit : De toute façon, je n’ai pas peur. Mama Rita me protégera. Comme dans le scénario.

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Fiche technique
Réalisation : Véra Belmont
Scénario adaptation dialogues : Véra Belmont
En collaboration avec : Gérard Mordillat
Chef opérateur : Pierre Cottereau
Assistant opérateur : Jean Legrand
Montage : Martine Giordano
Musique : Émilie Simon
Assistante réalisatrice : Julie Navarro
Scripte : Marion Pin
Photographe de plateau : David Verlant
Son : Henri Morelle et Xavier Piroelle
Assistants son : Stéphane Morelle et Dominique Dereymez
Décor : Aurélien Geneix
Accessoiriste : Michel Conche
Coproduction : Stephan Films Les Aventuriers de l’Image XO Productions Inc.(France) Saga Film (Belgique)
En association avec : Dalka - Zuta Film Produktion (Allemagne) et Motion Investment Group (Belgique)
En association avec : Les Soficas Poste Image Cinemage Cofimage 18
Directrice de production : Linda Gutenberg
Assistantes de production : Mirabelle Giraud-Montagne et Anne Saint-Henry
Distribution : Bac Films
Ventes Internationales : Wild Bunch

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de


remerciements à
Mathieu Piazza et Mounia Wissinger
logos & textes © www.bacfilms.com
photos © David Verlant
 

Publié dans PRÉSENTATIONS

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