* Enfin veuve

Publié le par 67-ciné.gi 2008

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Enfin veuve
drame de Isabelle Mergault

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avec :
Michèle Laroque, Jacques Gamblin, Wladimir Yordanoff, Tom Morton, Valérie Mairesse, Claire Nadeau, Eva Darlan, Caroline Raynaud, Paul Crauchet, Michel Lagueyrie, Choukri Gabteni, Franck Pitiot, Julien Cafaro et Agnès Boury


durée : 1h37
sortie le 16 janvier 2008

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Synopsis
Anne-Marie vient de perdre son mari dans un accident de voiture. Elle est enfin libre d'aimer celui qu'elle voit en cachette depuis deux ans ! Mais Anne-Marie n'a pas prévu que sa famille, pétrie de bons sentiments, a décidé de rester à ses côtés pour la soutenir dans son chagrin.
Anne-Marie se retrouve encore plus prisonnière que lorsqu'elle était mariée…

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Rencontre avec Isabelle Mergault, Scénariste et réalisatrice

Trouver sa place
Sur mon premier film, Je vous trouve très beau, j'ai appris beaucoup de choses, aussi bien sur le métier que sur moi-même. Je sais que je déteste jouer devant une caméra ; par contre, je ne me sens jamais aussi bien que sur une scène.
Le théâtre est un rendez-vous incroyable, j'adore les planches, le contact direct au public. Je n'ai pas envie de jouer dans mes films, et je n'ai pas non plus envie de réaliser d'autres scénarios que les miens. Il m'a fallu du temps pour assumer mes choix, pour accepter ma place - sûrement une question d'éducation. A la sortie de Je vous trouve très beau, j'ai reçu des lettres émouvantes d'agriculteurs, les gens venaient me voir dans la rue, ils me parlaient. C'était vraiment bouleversant. J'étais heureuse de tout, des compliments du métier, des chiffres, du César. J'ai eu l'impression que l'on me souhaitait la bienvenue. J'ai senti qu'il y avait de la bienveillance pour moi et ça m'a fait vraiment chaud au cœur.
Je vous trouve très beau  a été un grand succès en terme d'entrées. Mais les chiffres ne veulent pas dire grand-chose. Ce qui me parle, c'est quand je me promène dans la rue, qu'une dame - parce que généralement ce sont les dames qui osent me toucher - me prend par le bras en disant : « Qu'est-ce que j'ai aimé votre film ! A quand le prochain ? ». Même les critiques stupides de gens qui tapent gratuitement n'ont pas réussi à gâcher cela. J'aime la critique quand elle fait avancer, mais la bêtise m'énerve.

L'histoire
Ce sont les sentiments qui m'amènent à l'histoire. Je ne réfléchis pas à une intrigue, mais je ressens et ensuite je vois où cela m'entraîne. En l'occurrence, il est question de bons sentiments qui provoquent des résultats désastreux. Une femme perd son mari, son fils reste près d'elle pour la soutenir parce qu'il la croit dans la douleur, et ça devient un enfer ! On a tous connu ce genre de situation. On a tous dans notre entourage quelqu'un qui en fait trop. A partir de ces sentiments, j'ai développé l'histoire d'Anne-Marie. C'est une grande bourgeoise qui perd son mari. Au lieu d'être affectée, elle est soulagée, parce que tout à coup, elle a peut-être une chance de vivre son bonheur avec l'homme de sa vie, celui qu'elle voit en secret depuis deux ans. Pour son malheur, sa famille décide de ne pas la laisser tomber, chacun redoute qu'elle craque, ou même pire, qu'elle se suicide. Elle va se retrouver encore plus prisonnière que lorsqu'elle était mariée.
Le film parle aussi du poids de l'éducation. Je trouve que chez les grands bourgeois particulièrement, l'importance de l'image et du qu'en-dira-t-on est énorme. Au lieu de dire la vérité à sa famille, quitte à se brouiller, on préfère sauver les apparences. Et ça, j'ai assez fréquenté ce milieu pour savoir que c'est un trait assez bourgeois.
Il est vrai que dans Je vous trouve très beau, le personnage principal perdait sa femme. Et là, elle perd son mari. Je n'y ai pas pensé avant que l'on me le fasse remarquer. Je dois avoir un truc avec le couple, ou avec ces mariages dans lesquels on reste sans pouvoir passer à autre chose. Je ne l'explique pas mais promis, pour le troisième film, il n'y aura pas de mort !

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La musique des mots avant les images
L'écriture n'est pas ce que je préfère. Pour moi, c'est une étape qui n'a rien de spontané, c'est assez laborieux. Je n'éprouve pas le besoin de le faire et ça ne m'amuse pas beaucoup sauf lorsque de temps en temps, on trouve une bonne situation et alors là, je jubile ! Sinon, je m'enferme, je ne vois pas grand-monde, je m'astreins.
Comme je suis comédienne, je fais tous les personnages. Je joue tous les dialogues. C'est d'abord cette musique des mots que je mets au point. C'est par là que j'attrape la scène. Je ne réfléchis pas tout de suite aux décors ou à la mise en scène. Je passe un temps fou à faire en sorte que les mots paraissent naturels. Pendant cette phase, je ne pense pas forcément aux comédiens. Par exemple, pour le personnage d'Anne-Marie, je n'avait pas Michèle Laroque en tête mais quelqu'un que je connais et qui est comme ça, une femme charmante, trop bien éduquée. Elle n'ose pas vivre ses sentiments. Si elle meurt de faim, elle ne va pas se jeter sur un pain au chocolat comme j'ai pu le faire ce matin ! On a envie de lui dire « Allez, lâche-toi, vas-y, on n'a qu'une vie. Sors tout ce que t'as ! ». Elle est attachante parce que comme le personnage, elle a énormément de qualités.
Il y a quelque chose d'amusant pendant l'écriture. J'aime beaucoup penser à Eva Darlan pour écrire des rôles même si, au final, elle en jouera un autre ! Cela m'inspire. J'ai sa musique et celle des gens dans la tête. Je ne me sens pas réalisatrice dans l'âme. Quand j'imagine des choses, je les entends plus que je ne les vois. Ce qui m'intéresse, c'est de mettre des images sur ce que j'ai écrit.  J'ai des idées d'ambiance, des sensations, j'entends une façon de dialoguer... Une fois sur le plateau, les gens au quotidien m'aident à transcrire en y apportant ce qu'ils sont. J'ai besoin d'être entourée de gens que j'aime, en qui j'ai confiance, qui sont gentils, simples et qui aiment la vie.

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Le casting
Ce que j'aime chez un comédien, c'est qu'il puisse émouvoir. Avec des acteurs comme Michel Blanc ou Michèle Laroque, on le ressent tout de suite. Ils ont ce pouvoir, on sent qu'ils ont cette faille, cette dualité comme certains acteurs italiens… Les films italiens, j'adore ! Ils peuvent vous faire rire ou pleurer en une fraction de seconde. Je trouve que Michèle dégage cela. Je l'ai choisie parce qu'elle fait partie des rares comédiennes qui sont à la fois belles, dotées d'une vraie puissance comique et qui en plus, ont de l'allure. Il fallait qu'elle puisse à la fois être grande bourgeoise, humaine, fragile, touchante et drôle. Elle peut donner tout cela.
Pour Léo, j'ai cherché, je ne l'avais pas du tout. D'ailleurs, quand je l'ai proposé à Jacques Gamblin, j'ai retravaillé le rôle et il s'est mis à exister beaucoup plus après.
Pour les autres rôles, quand je connais les gens, Eva Darlan, Wladimir Yordanoff ou Claire Nadeau par exemple, là, ça va vite. C'est clair, net et sans hésitation. Mais sinon, par exemple, pour celui qui joue le fils de Michèle Laroque, il me fallait un bon comédien. J'en ai vu beaucoup avant de trouver Tom Morton. J'avais peur de me tromper. La comédie c'est d'abord une affaire de rythme, et avec Michèle, Eva et Claire, il faut suivre ! Elles ont des scènes à mourir de rire, et ce n'est pas de la complaisance. Elles sont drôles. Elles m'ont donné ce que j'avais imaginé, et c'était jubilatoire.
On retrouve aussi Agnès Boury qui était déjà dans mon premier. Elle jouait la femme de Michel Blanc, le rôle était donc assez court. Cette fois, elle a un personnage important. C'est seulement son deuxième film. Je trouve que ça donne de la crédibilité aux petits rôles. Pour moi, les petits rôles sont très importants. Si vous passez votre temps à reconnaître des gens, ça vous sort du film et ce n'est pas le but.

Le tournage
Idéalement, j'aurais aimé tourner en Normandie ou en Bretagne, dans des coins plus sauvages. Mais là-bas, la mer se retire, il y a des marées. Tout le monde m'a dit que ça allait être un cauchemar logistique, qu'on ne serait jamais raccord, et on m'a conseillée de choisir la côte méditerranéenne. Ce n'était pas très grave parce que pour moi, le principal c'est l'histoire, les dialogues et les sentiments. Et puis les paysages sont biens aussi !
Au début, Léo, l'amant, n'était pas du tout dans un chantier naval. Il était artiste. Il avait un atelier. J'ai vite compris que ce ne serait pas forcément marrant à filmer. Entre elle qui est dans une maison bourgeoise et lui dans son atelier d'artiste… Il fallait penser un peu plus aux images. Puisqu'il fallait être au bord de la mer, je me suis dit qu'un chantier naval ne serait pas mal. Il fallait que tout ait un peu de panache, un petit peu de gueule !
L'une des choses que j'ai aussi apprise par rapport à mon premier film, c'est le rapport au montage. Je maîtrisais mon scénario mais j'étais plus démunie face à cette phase. C'est vrai qu'il s'agit encore d'une autre forme d'écriture... C'est sur ce point que j'ai fait le plus de progrès.
Enfin veuve, je l'ai fait sincèrement, sans me mettre de pression par rapport au succès du précédent. J'ai travaillé parce que je ne voulais pas que l'on pense que j'avais cédé à la facilité. J'espère que ce film plaira, que les gens l'aimeront. J'aime bien leur raconter des histoires…

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Fiche technique
Scénario original et dialogues : Isabelle Mergault
Adaptation : Isabelle Mergault et Jean-Pierre Hasson
Musique originale : Laurent Marimbert et Etienne Perruchon
Directeur de production : Bernard Marescot       
Conseiller technique : Laurent Herbiet
Image : Philippe Pavans de Ceccatty
Montage : Véronique Parnet
Décors : Bernard Vezat
Son : Eric Devulder, Gérard Lamps et Patrice Grisolet
Costumes : Charlotte Betaillole

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de



remerciements
à Laure Royant, Romain Vaxelaire et Matthieu Daversin
logos, textes et photos © 2008 Gaumont - www.gaumont.fr

Publié dans PRÉSENTATIONS

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