* Ca se soigne ?

Publié le par 67-ciné.gi 2008

undefined










Ca se soigne ? comédie de Laurent Chouchan

undefined
undefined









avec :
Thierry Lhermitte, Julie Ferrier, Michel Vuillermoz, Isabelle Gelinas, Stéphane Freiss, François-Xavier Demaison, Elisabeth Quin, Gérard Jugnot, Laurent Gamelon, Philippe Tesson, Judith Magre, Henri Garcin, Andréa Ferreol, Laurent Bateau et Sophie Mounicot


durée : 1h42
sortie le 6 février 2008

***

Synopsis
Tom a tout pour lui !
C’est un chef d’orchestre connu et reconnu.
On se l’arrache partout dans le monde et son talent fait la fierté du pays. Il est riche, intelligent et cultivé. Il a une femme de rêve promise à un très bel avenir dans l’aérospatiale. Et il vient d’emménager dans un appartement splendide. Bref, il roule sur l’or et tout roule pour lui…
Mais un banal feu tricolore va provoquer sa chute !
Il sombre dans la dépression, consulte les plus grands spécialistes sur la question, suscite bien des interrogations, connaît des rémissions et des vagues d’excitation, glisse de nouveau dans un puits sans fond et malmène tous ceux qui se donnent pour mission de le ramener à la raison…
Quand “Tom le génie” s’écroule sous le poids de la maladie, c’est le début du cauchemar pour tous ses amis.
Pire, c’est un tsunami !

undefined
***

Entretien avec Laurent Chouchan
- : Comment est née l’idée d’une comédie sur la dépression : un jour de déprime totale ou d’euphorie absolue ?

Laurent Chouchan : C’est mon producteur Manuel Munz qui m’a suggéré de faire un film sur ce thème. Je ne sais pas s’il me l’a proposé parce qu’il a vu que j’étais un grand dépressif (Il m’a connu à des périodes hautes, moins hautes, très basses !) mais j’ai trouvé que c’était un excellent sujet.

- : C’est jouissif ou déprimant d’écrire sur la dépression nerveuse ?

Laurent Chouchan : Franchement, c’est jouissif ! Souvenez-vous du slogan de la maison “Solex” avant qu’elle ferme : “Le noir c’est triste, c’est ça qui est drôle”. Eh bien, faire une comédie sur la dépression nerveuse c’est pareil : c’est triste et c’est ça qui est drôle ! L’histoire du film est tragique : l’entourage d’un dépressif subit sa maladie et ces gens se retrouvent à la ramasse !

- : Votre but était de réaliser un film provocateur ?

Laurent Chouchan : Non ! Faire rire sur un thème qui n’est pas drôle, c’est de salut public. J’ai lu un livre admirable intitulé “Le diable intérieur : anatomie de la dépression nerveuse” d’Andrew Solomon. L’auteur est gravement malade. Il raconte la dépression. Il a appris à vivre avec. Mais ce pavé est un message d’espoir. Dans mon film j’ai voulu dédramatiser le sujet de manière à ce que les acteurs, actifs ou passifs de cette maladie prennent de la distance, aient de l’indulgence, voire un peu d’ironie et de second degré face à leur triste sort. Mais montrer ce qu’est exactement la dépression de l’intérieur est très difficile. Je traite des dégâts collatéraux : comment ce dépressif se démène tant bien que mal avec sa maladie, passe de médecin en médecin et devient un légume.

- : Vous ne vous êtes rien interdit lors de l’écriture en termes de gags, de situations catastrophes et de dialogues bien piquants ?

Laurent Chouchan : En écrivant, il ne faut pas se censurer ! Après, on voit si ça passe ou si ça casse. Les gens qui étaient réticents sur le sujet sont ressortis des projections avec la banane !

undefined
- : Le rythme du film est très soutenu et les rebondissements multiples. Pourquoi ?

Laurent Chouchan : Comme la dépression est définie comme “la maladie de la langueur”, je ne pouvais pas adopter le rythme du dépressif ! Il fallait au contraire que ça bouge et qu’il y ait une théorie des dominos : que l’entourage soit affecté du premier cercle (sa femme et son agent artistique) au deuxième cercle (la ministre de la culture et son directeur de cabinet) jusqu’aux parents qui eux aussi se prennent la tête. C’est Tchernobyl cet homme-là : il entraîne tout le monde dans son sillage !

- : Le tournage du film a-t-il été à l’image de son rythme à l’écran : très cadencé ?

Laurent Chouchan : Oui ! J’avais des impératifs de budget. Je m’y suis tenu. Les journées étaient chargées mais je ne travaille pas dans la souffrance. Ce qui fait que l’ambiance était très agréable. C’est allé vite. J’ai souvent entendu les gens en plateau dire qu’ils étaient émerveillés de travailler avec un “Prix de camaraderie 63-64-65” obtenu lorsque j’étais à la maternelle !

- : Teniez-vous à ce que le dynamisme du film passe aussi par le choix des couleurs des décors et des costumes ?

Laurent Chouchan : Contrairement à plein d’autres pays, en France, le blanc est une couleur qu’un chef opérateur sur deux déteste. Donc j’ai fait un casting de chefs opérateurs pour savoir s’ils éclairaient du blanc ! Je voulais que tout soit beau, même à l’hôpital. Je suis allé visiter l’hôpital psychiatrique de Sainte- Anne mais les décors étaient sordides. Dans mon film, les gens sont à l’abri du besoin et évoluent dans des cadres joyeux, chaleureux, clinquants avec des couleurs vives.

- : Votre film est “très classique” dans la sélection des musiques ! Vous avez opté pour des grands standards de l’opéra. Ça aussi ça donne du peps aux scènes ?

Laurent Chouchan : Le héros est chef d’orchestre mais sa profession est accessoire. Je voulais surtout montrer quelqu’un qui est le pivot d’un système qui va s’écrouler. Sachant qu’il est chef d’orchestre, je voulais utiliser des grands standards de la musique classique. Je pense que ça accompagne bien le scénario.

- : Avez-vous déjà été confronté personnellement à cette maladie ?

Laurent Chouchan : Oui ! Dans le film, j’ai glissé quelque chose de vrai mais de saugrenu. Les médecins généralistes se servent du questionnaire Pichot : en 13 questions on vous dit si vous êtes dépressif ou non, alors que c’est une maladie mystérieuse ! Vous dépassez 7 réponses positives : vous faites une dépression franche. On vous dit que si vous êtes malheureux plus de 15 jours, c’est que vous êtes dépressif. Moi comme j’ai déjà été au 36ème dessous pendant des mois et des mois, que j’avais envie de me pendre tous les jours, rétrospectivement je me dis que j’ai dû être vraiment dépressif !

- : Pourquoi le thème de la dépression n’est-il pas plus répandu dans le cinéma français ?

Laurent Chouchan : Nous sommes pourtant les champions d’Europe de la dépression, de la consommation de médicaments et de psychotropes ! Je sais aussi qu’un Français sur cinq va faire une dépression au cours de sa vie. Donc il était temps que le cinéma français revienne sur le sujet !

- : Après vous être documenté sur la dépression, en connaissez-vous mieux les causes, les symptômes et les traitements ou est-ce une maladie plus vaste et plus méconnue qu’on ne l’imagine ?

Laurent Chouchan : C’est un sujet très vaste. Comme le dit le Dr Touflon dans le film : “Chaque cas est unique”. Il y a des médicaments mais ça reste une maladie très mystérieuse. En me documentant j’ai découvert qu’il y a plusieurs types de dépression : la réactionnelle due à la perte d’un être cher, la psychotique, la majeure, la bipolaire. Mon personnage fait une essentielle. Ça regroupe toutes les dépressions ! Il fait la plus grosse. C’est la tempête suprême.

- : Qu’avez-vous découvert de plus surprenant sur cette maladie ?

Laurent Chouchan : Dans son livre, Andrew Solomon explique qu’il a cassé la mâchoire d’un de ses meilleurs amis en lui disant : “Excusemoi, il fallait que je frappe, je pensais que j’allais mourir si je ne le faisais pas”. Quand on lit ça, c’est horriblement drôle ! Cette maladie engendre des comportements complètement saugrenus et les médicaments provoquent des réactions étonnantes. Dans le film, Thierry Lhermitte fait une réaction au lithium : il est complètement desséché. Ça m’amusait de le voir en momie. J’ai aussi découvert qu’il y a un traitement qui désinhibe complètement les dépressifs. Une femme a raconté qu’elle était très prude, chaste et très catholique, mais qu’après l’administration d’un médicament elle a eu des pulsions sexuelles effroyables.

undefined
- : Pourquoi avoir donné au film un titre sous forme interrogative et non pas avoir utilisé un point d’exclamation forcément plus positif ?

Laurent Chouchan : Parce que la bataille contre la maladie est loin d’être gagnée ! Avec un point d’interrogation ça me permet de jouer, de manière infime, à faire peur. Ça se soigne ? Non, ou difficilement !

- : Pourquoi avoir offert le rôle du dépressif chronique à Thierry Lhermitte ?

Laurent Chouchan : Thierry a tout pour lui ! Il est extrêmement sympathique. Il est beau, éclatant, populaire et on se dit : “mais pourquoi ce type ferait-il une dépression ?”. Avec Thierry, c’était plaisant : je lui ai envoyé le scénario et deux jours après il m’a téléphoné : “c’est épatant ton truc, je le fais”. Ça a été immédiat !

- : Vous avez choisi des acteurs rompus à l’art de la comédie pour encadrer Thierry Lhermitte. Un choix délibéré ?

Laurent Chouchan : Michel Vuillermoz, je l’adore, et en le voyant au théâtre dans Cyrano j’étais époustouflé. Isabelle Gelinas, ça fait des années que je la connais. Julie Ferrier, je l’ai trouvée éblouissante et d’une drôlerie incroyable sur scène. En fait, je voulais des acteurs qui aient tous l’air bien dans leur peau, éclatants, en pleine santé. Construire un casting sur une histoire qui n’est pas drôle dont on va faire une comédie avec des acteurs comme François-Xavier Demaison ou Julie Ferrier, c’est fabuleux !

- : Julie Ferrier est la nouvelle étoile montante du cinéma français. Comment l’avez-vous persuadée de rejoindre le projet ?

Laurent Chouchan : Je suis allé la voir à Noisy-le-Grand où elle jouait son spectacle “Aujourd’hui c’est Ferrier”. Elle a adoré le scénario et c’est allé très vite. Elle était contente du rôle : c’est une véritable héroïne. Dans le film elle est censée tutoyer les étoiles.

- : C’est une actrice spontanée qui se définit elle-même comme ayant “plus de compétence que d’expérience”. Vous avez dû la rassurer lors du tournage ?

Laurent Chouchan : On a énormément travaillé en amont, beaucoup répété et ensuite c’est allé tout seul. C’est vrai qu’elle n’a pas encore l’expérience de Thierry Lhermitte, de Michel Vuillermoz ou d’Isabelle Gelinas. Julie vient du milieu de la danse et du one-woman show. La spontanéité, elle l’a, mais elle est plus longue à “chauffer”.

- :  Ça se soigne ? est votre second long-métrage. Quels ont été vos principales interrogations, difficultés ou moments de doutes ?

Laurent Chouchan : Savoir si j’avais bien dirigé les comédiens ! En toute modestie, la direction d’acteurs c’est la partie dont je suis le plus content. C’est ce qu’il y a de plus agréable pour moi sur un tournage. J’ai l’impression de pouvoir m’exprimer suffisamment correctement pour dire aux acteurs ce que je veux et qu’ils le restituent.

- : Et vos moments les plus joyeux ?

Laurent Chouchan : Un tournage c’est suffisamment rare pour qu’on essaie de l’apprécier à sa juste valeur. Mon but, c’était que tout le monde soit bien sur le tournage, depuis les acteurs jusqu’aux machinos. Tous les soirs je regardais les rushes de la veille et j’étais content. J’appelais les comédiens pour le leur dire, je les encourageais.

- : Aujourd’hui vous vous sentez plus scénariste que réalisateur, plus directeur d’acteurs que metteur en scène ?

Laurent Chouchan : Je me sens plus scénariste et directeur d’acteurs ! Je prépare toujours un tournage en amont. Mais j’aimerais bien avoir encore plus d’inventivité. J’essaie de raconter mon histoire sans faire de fioritures. Chez moi la mise en scène est basée sur la direction d’acteurs. J’aime avoir une jolie lumière et de beaux décors.

- : Comme vous cumulez les deux postes, qui du scénariste ou du réalisateur était le plus conciliant sur ce film ?

Laurent Chouchan : C’est le réalisateur forcément car le scénariste est enterré à ce stade du projet. Le metteur en scène est celui qui a les mains dans le cambouis. C’est lui le plus conciliant, le plus tranchant, le plus austère, le plus vindicatif. Sur le film, les acteurs n’ont pas beaucoup discuté le texte. Au début des répétitions, j’ai eu quelques suggestions.

- : Votre film devrait-il être remboursé par la sécurité sociale ?!!

Laurent Chouchan : Absolument ! J’espère que ça fera énormément de bien aux dépressifs qui iront voir le film et à leurs proches aussi. Ce serait mieux qu’une bonne cure de prozac. C’est pour ça que ça devrait être remboursé par la sécurité sociale, sans hésitation !

undefined
***

Fiche technique
Réalisateur et scénariste : Laurent Chouchan
Directeur de la photo : Matthieu Poirot-Delpech A.F.C
Directrice de casting : Françoise Menidrey
Son : Laurent Poirier et François Domerc
Costumes : Khadija Zeggaï et Anne-Sophie Gledhill
Maquillage : Agnès Tassel et Marine de Roulet
Coiffure : Eric Monteil
Décors : Michèle Abbe
Réglage cascades physiques : Rémi Canaple
Effets spéciaux : François Philippi
V.F.X : Mikros
Montage image : Yann Malcor
Montage son : Raphaël Sohier
Mixage : Hervé Buirette et François Groult
Directeur de production : Gilles Loutfi
Production : Les Films Manuel Munz
Coproduction : Studio 37
En association avec : La Banque Postale Image
Avec la participation de : Canal+, Tps Star

***

undefined

présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements à
Laureen Mamane, Renaud Cambuzat, Alexandra Schamis et Sandra Cornevaux
logos & textes  © www.tfmdistribution.fr
photos © Bruno Calvo

Publié dans PRÉSENTATIONS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article