* A bigger splash

Publié le par 67-ciné.gi 2008

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A bigger splash comédie dramatique de Jack Hazan

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avec :
David Hockney, Peter Schlesinger, Celia Birtwell, Henry Geldzahler , Mo McDermott, Kasmin, Mike Sida, Ossie Clark, Susan Brutsman, Patrick Procktor, Betty Freeman, Nick Wilder, Joe Mc Donald et Eddie Kalinski

durée : 1h46
sortie le 5 janvier 1974
reprise le 16 janvier 2008


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au cinéma


à partir du 6 février 2008
mer 06/02 18h00 | jeu 07/02 22h00 | ven 08/02 18h10 | sam 09/02 22h50
dim 10/02 20h30 | lun 11/02 20h00 | mar 12/02 20h00
mer 13/02 18h10 | jeu 14/02 18h10 | ven 15/02 18h10 | sam 16/02 18h10
dim 17/02 22h15 | lun 18/02 18h10 | mar 19/02 18h10

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Synopsis
Londres, Mai 1971. Le peintre David Hockney est en pleine crise, profondément affecté par la rupture avec Peter Schlesinger, son modèle et amant, qui vient de le quitter. Son travail en est bouleversé. Il doit pourtant terminer Portrait Of an Artist pour une exposition qui doit avoir lieu à New York l'année suivante. En pleine lutte avec son art et avec lui-même, il passe d'intenses séances de travail à de longues errances chez ses amis, en proie au doute, ne parvenant pas à trouver sa forme définitive au tableau, qu'il finit par abandonner avant d'y revenir six mois plus tard.
Dans un fascinant mélange de documentaire et de fiction, Jack Hazan nous invite dans l'univers du peintre et du Swinging London des années soixante-dix, et, par une observation patiente de ses états d'âme, révèle les liens ténus qu'entretiennent la vie et la création.

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A bigger splash, sorti en France en 1974 et repris depuis dans quelques festivals, est un film rare et emblématique d'une certaine époque artistique et culturelle.
Le Centre Georges Pompidou a acquis une copie du film de Jack Hazan en 1999, à l'occasion de l'exposition David Hockney - Espace/Paysage (Avril 1999).
Le film sort en copie neuve en France, avant sa sortie en dvd en septembre 2008.

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Entretien avec Jack Hazan, par Adam Roberts
L'idée du film
Jack Hazan : L'idée du film est venue de mon ami David Mingay, qui avait travaillé sur mon court-métrage précédent, Grant North. Il a remarqué que j'aimais filmer des peintures. Il m'a dit, en 1970 : « Je crois que tu devrais aller voir l'expo de David Hockney. Il y a une rétrospective. » J'ai vu ces tableaux, ces doubles portraits et je me suis tout de suite dit : C'est génial. Je pourrais juxtaposer les personnes et leur portrait. C'étaient des doubles portraits. Il y avait une espèce de tension au sein même des tableaux. J'avais de la matière. Voilà comment ça a commencé.
Il a fallu aborder David Hockney. Il a voulu voir mes travaux passés. Je lui ai montré mon court-métrage. Il est sorti de la salle et m'a dit :  « je ne ferai pas l'acteur, Jack ». Il avait compris que ce ne serait pas un simple documentaire. Ce serait autre chose.
Très rapidement, nous avons fait quelques prises de lui. Je ne savais pas encore de quoi parlerait le film. À ma deuxième visite, il a dit qu'il devait appeler Peter. Il avait un détail à terminer sur une huile de Peter qu'il était en train de faire. C'était peut-être un pastel, je ne sais plus. Il devait l'appeler. Au début, je ne savais pas qui était Peter. Il y avait de la tension dans la voix de Hockney au téléphone. Et de l'irritation à l'autre bout du fil. Puis Peter est venu. Il était très beau ! J'ai compris que Peter avait été le petit ami de David et que les choses s'étaient gâtées. Il est venu, mais juste par pure politesse. Comme si David avait mis tout ça en scène pour voir Peter. Il a inventé cette histoire de peinture juste pour le voir. Donc, on a fait des prises, elles étaient incroyables. J'en ai discuté avec David Mingay et il m'a dit : « On tient notre histoire. »

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Fiction du réel
Jack Hazan : Il faut savoir que sur ce film, je faisais aussi le cadre et la lumière. Et j'étais là, avec deux personnes que je devais faire converser. Je ne leur donnais pas de liste de dialogues, pas la peine d'inventer un tas de dialogues. Ils ne retiendront pas, ils ne sont pas acteurs. Voici ce que je faisais : la veille, je prenais une enveloppe au dos de laquelle j'écrivais une ou deux questions. Donc, avant une prise, je disais juste : « Je vais préparer la scène. » Je préparais la lumière, la caméra. J'avais parfois un assistant avec moi. Je me tournais vers une personne, je prenais mon enveloppe, je la retournais et je disais : « Réponds à cette question. »
Par exemple : « Mo, dis à David : "Quel dommage que Celia n'ait pas pu venir, non ? " » Il le faisait, ce qui engendrait une réponse de David. J'ai fait ça avec tout le monde. J'essayais de trouver une question essentielle à poser. Généralement, une seule à la fois. Je profitais d'une pause pour poser une autre question, deux au maximum, sinon c'était ingérable pour aucun de nous. Entrer dans le monde de David Hockney est facile. Le décor est déjà conçu. Tout est là. Les plans sont là. Il y en a un ici, un là. Comme un décor de film. Et ça l'a été.

Dans l'intimité du peintre et de ses amis
Jack Hazan : Les personnages allaient et venaient chez David Hockney. Et je les observais. J'essayais toujours d'être là. Je les observais et j'ai remarqué qu'ils avaient chacun un certain charisme et une personnalité. De les côtoyer pendant si longtemps, j'ai appris comment ils fonctionnaient. Parfois, je recréais des scènes. Ce n'est pas un film d'observation, mais parfois, mes scènes s'étaient vraiment passées. Je ne savais pas. Ils me demandaient comment je savais. Je ne le savais pas, c'était de l'intuition. J'ai fini par comprendre ces gens et leur lien avec David. Tous ces gens n'étaient pas de simples connaissances. Ils étaient fondamentaux pour sa personne. Chacun d'eux. Celia avait un rôle, Ossie avait un rôle... Chacun avait un rôle. C'est ce que j'ai essayé de transposer. Je leur ai donné ce rôle-là, ils sont tous importants pour lui. Ils le soutiennent, dans un sens. Ils ne sont pas juste des amis, ils sont vitaux.
Les gens jouaient vraiment le jeu, curieusement. Pas tout le temps, mais au final, ils ont coopéré. Par exemple, pour la scène de David dans la douche, je l'ai fait marcher dans le couloir. Il n'est pas pudique du tout. Il s'est déshabillé et est entré dans la douche. Mais une fois dans la douche, tout devait déjà être préparé. Quand je lui demandais de faire quelque chose, il le faisait, sans attendre. Il le faisait en une prise. Donc, il marche dans le couloir, il revient, il peint un peu... Je lui dis : "Viens dans la douche avec moi." Il me répond : "Tu es fou." Et moi : "Non." On s'est déshabillé et on est allé dans la douche. C'était vraiment drôle. La caméra était trempée ! On l'a fait. Il a joué le jeu. Il s'est dit : "Pourquoi pas ?" Il l'a peut-être fait pour m'amuser. Il aimait me divertir.
Il n'avait aucune idée de ce qui se tramait et d'où cela mènerait, toutes ces prises disparates sans rapport entre elles. Il n'en avait aucune idée. (…) Il a vu le film. Il est sorti complètement affolé. Il secouait la tête. "Ça va trop loin, Jack ça va trop loin." Puis, je ne l'ai pas vu pendant des semaines. Puis, j'ai reçu le message suivant : "Est-ce que 20 000 livres suffisent pour détruire les négatifs ?" J'y ai pensé une seconde. Faut croire que c'était pas assez payé. Comment allais-je gérer ça ? À l'époque, il vivait à Paris. Il était juste venu pour la projection. Il avait une amie, Shirley Goldfarb, une femme très excentrique. Une beatnik aux longs cheveux noirs colorés et aux grands yeux globuleux  très maquillés. Elle portait toujours les mêmes habits : un col roulé noir, un jeans et des bottes sabots à talon. Toujours la même chose. Il me l'a envoyée. Il m'a dit que Shirley Goldfarb aimerait voir le film. Donc on va à la projection et à la fin, elle me dit : "C'est le meilleur film sur l'art que j'aie vu." Je me suis dit : "Tant mieux." Elle est retournée chez David et lui a dit. Puis, Ossie a voulu voir le film. On a donc organisé une projection pour lui. Ensuite, il m'a dit : "Jack, ce film est plus vrai que la réalité." Nous l'avions validé. C'était bon pour David. Il l'a accepté. Le film était douloureux pour lui, mais il était bon. Il devait pouvoir être montré.

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La scène d'amour entre les deux garçons
Jack Hazan : Les gens m'ont demandé pourquoi j'avais explicitement montré cette scène érotique entre 2 garçons, Peter et son prétendu nouvel amant. Elle a été insérée très tard. On a beaucoup hésité. Avant, on avait montré le film. Les gens étaient très à l'aise. On a eu l'impression qu'ils ne savaient pas qu'ils étaient homos. Ils pensaient juste que ces garçons avaient un côté légèrement... efféminé, que c'était de la tendresse, qu'ils s'embrassaient un peu. On a eu l'impression que les gens en étaient satisfaits. Là, on s'est dit : "C'est pas notre but !" On cherchait à montrer ce qu'était la vie en tant qu'homosexuel. Cette vision est trop facile. Donc, on a voulu introduire une sorte de conflit entre le film et le spectateur pour montrer que dans la vie des homos, il y a du sexe, merde ! Jusque là, on n'en avait pas l'impression. Il fallait convaincre Peter, il n'était pas très motivé. Finalement, il a accepté, il allait le faire. Avec qui ? Il a dit : « j'ai un ami mais il n'est pas gay. Il s'appelle Eddie. Il fera ça avec moi. » On a donc tourné la scène. Ça a été assez rapide, avec la lumière tamisée et tout. En faisant le montage, on a remarqué qu'ils avaient gardé leur pantalon. Donc on a recommencé. La scène est très longue et les gens sont assez pudiques ou mal à l'aise par rapport à l'homosexualité. Ils regardent cette scène de manière inconfortable, attendant la scène suivante.

La censure
Jack Hazan : C'est un film qui parle aussi d'une homosexualité sans tabous. C'était donc un peu scandaleux pour 1974.
Quand il a été présenté au bureau de la censure britannique, il a été interdit. Finalement, les critiques ont fait pression et les censeurs britanniques ont fini par l'autoriser, mais avec l'interdiction aux moins de 15 ans, encore en vigueur aujourd'hui.
En France, après la présentation du film à la Semaine de la Critique en mai 1974, la commission de classification s'était également opposée à sa sortie. Sous la pression de Jack Lang et des médias, le film a finalement obtenu son visa avec toutefois interdiction aux moins de 18 ans. Il est sorti le 16 octobre 1974. En 2002, suite à une demande faite auprès de la commission de classification, le film a obtenu son visa tout public.

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Fiche technique
Auteurs : Jack Hazan et David Mingay
Réalisateur : Jack Hazan
Producteur associé : Mike Whittaker
Directeur de la photographie : Jack Hazan
Monteur : David Mingay
Musique originale : Patrick Gowers
Production : Buzzy Enterprises et Circle Associates

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements à
Irad Sachs, Emmanuelle Dugne et Viviana Andriani
logos, textes & photos ©www.phares-balises.fr
 

Publié dans PRÉSENTATIONS

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