* Telepolis

Publié le par 67-ciné.gi 2008

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Telepolis drame de Esteban Sapir

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avec :
Alejandro Urdapilleta, Valeria Bertuccelli, Julieta Cardinali, Rafael Ferro, Raúl Hochman, Ricardo Merkin, Gustavo Pastorini, Carlos Piñeiro et Florencia Raggi


durée : 1h35
sortie le 30 janvier 2008

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à partir du 5 mars 2008 au cinéma 


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Synopsis
Dans un monde où la politique dirige les médias, la Télévision ne cesse d’émettre des programmes de masse pour contrôler l'Opinion Publique et guider la population.
Obnubilé par les émissions de consommation le peuple se désintéresse de la politique. MR TELE, chef des programmes et dictateur du régime, a pour solution finale d’hypnotiser les gens pour s’en assurer une dévotion totale.
Au milieu de ce monde de désolation, où les habitants ont été privés de toute parole et ne communiquent plus entre eux, subsiste LA VOIX. Elle est l'unique rescapée de cette dictature qui possède encore la parole et représente le dernier espoir de faire basculer le régime.

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Entretien avec Esteban Sapir (
traduit de l’espagnol par Stanislas Baudry et MC. Kokh. Novembre 2007)
- : Quand est-ce qu’a débuté le projet du film ?

Esteban Sapir : J’ai commencé ce projet il y a environ 5 ans. J’avais seulement quelques idées visuelles à cette époque. Celles-ci ont alors beaucoup évolué pour devenir la base d’un nouveau projet qui n’avait plus rien à voir avec celui d’origine. Ce fut le début de Telepolis (La Antena).

- : Quelles étaient les conditions de travail ?

Esteban Sapir : Les conditions de travail furent de manière générale très bonnes. Ma sociétéde production LadobleA a financé entièrement le film avec l’aide de crédits et d’apports externes. Les producteurs du film, Gonzalo Agulla et José Arnal, m’ont donné une liberté absolue concernant la réalisation. Le projet a duré 3 ans avec 11 semaines de préparation et un an et demi de post production. Une équipe de 12 personnes a été nécessaire pour contrôler de manière permanente le film pour qu’il conserve un caractère très personnel et artisanal.

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- : Pourquoi traiter le sujet de la presse et de la télévision particulièrement ? Selon vous, quel lien existe entre la politique et la presse ?

Esteban Sapir : Nous vivons dans un monde purement audiovisuel où les images sont utilisées pour capter notre intérêt. Ce phénomène se manifeste particulièrement à la télévision et sur Internet : les images sont utilisées massivement comme des armes d’invasion de notre pensée. Elles en deviennent des outils très dangereux dont se servent conjointement la politique et la presse pour téléguider l’Opinion publique.

- : Quelle est votre vision de la politique en Argentine par rapport au sujet du film ?

Esteban Sapir : En Argentine, nous avons été victimes d’une dictature atroce qui a tué d’une certaine manière 30 000 voix. Aujourd’hui, en pleine démocratie, nous sommes victimes d’une corruption démesurée visible au quotidien à la télévision. L’extrême complexité de cette corruption a pour finalité le désintérêt de la population à l’égard la politique : on assiste à l’élimination systématique des idées politiques de la population. Telepolis (La Antena) traite ce thème de manière plus simple sur le mode de la fable enfantine.Dans le film, la Télévision (conjointement avec Internet) génère notre unique « aliment » de consommation et d’information, qui pénètre à travers nos yeux et qui systématiquement provoque désir de consommation, passivité et hypnose.

- : Comme réalisateur de publicité, quel est votre sentiment sur le thème que vous évoquez ?

Esteban Sapir : Mon sentiment est reflété dans le film : une sorte de catharsis naïve et personnelle.

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- : Pourquoi avoir utilisé ce style très particulier pour traiter ce sujet ?

Esteban Sapir : Comme photographe, j’ai toujours eu un intérêt dans la communication à travers les images. C’est ce qui a contribué, au départ, à mon envie de réaliser un film muet qui parlerait justement du monde de la communication, un film dans lequel la voix propre que nous utilisons au quotidien pour communiquer et nous exprimer soit délibérément éliminée. Par conséquent les images et l’écrit n’auraient plus qu’un sens purement visuel. C’est à mon avis d’une importance fondamentale puisque c’est ce qui arrive, aujourd’hui, dans notre monde de communication. Le film a été volontairement réalisé avec des bouts de ficelles : je voulais que se mélange des éléments anciens à des éléments plus modernes recyclés, comme une machinerie résultante du processus de la pensée. Avec un langage naïf et innocent, l’histoire de Telepolis (La Antena) se construit son propre monde en temps réel.

- : La musique est très présente dans le film. Que représente t’elle pour vous ?

Esteban Sapir : La musique a la faculté fondamentale de créer de l’expression, une atmosphère, des sentiments et des rêves. Dans le Cinéma Muet, on pouvait le percevoir très clairement : la musique accompagnait les images en instaurant un climat d’abstraction idéale pour transmettre de manière simple l’idée du film. Par ailleurs, le choix des musiques dans Telepolis (La Antena) permet de retranscrire une atmosphère infantile et hypnotique qui accompagne très bien cette fable.

- : Quelles sont vos références cinématographiques dans le film ? A qui rendez-vous hommage ? Fritz Lang ? Méliès ? Pourquoi ?

Esteban Sapir : Selon moi, l’avant-garde du Cinéma Muet possédait la vertu de créer avec les images une sorte de texte formel purement cinématographique. C’est peut-être la raison pour laquelle on pensait le Cinéma d’une autre manière à cette époque. Il n’y avait pas de modèle de film à suivre et dans ce système de recherche, on devait s’efforcer de créer un authentique et puissant langage d’idées. Finalement, le Cinéma s’est transformé en tout autre chose. Mon intention dans Telepolis (La Antena) fut d’évoquer les grands maîtres et poètes de l’image comme Fritz Lang, Murnau, Eisenstein, Méliès, René Clair, Bunuel,…en les réinterprétant avec un sujet contemporain.

- : Quel est le message que vous souhaiteriez faire passer aux spectateurs ?

Esteban Sapir : Plus qu’un message, c’est de leur proposer un voyage dont la fin provoque une réflexion.
 
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Fiche technique
Réalisateur : Esteban Sapir
Scénariste : Esteban Sapir
Directeur de la photographie : Esteban Sapir et Cristian Cottet
Monteur : Pablo Barbieri Carrera
1er assistant réalisateur : Ana Laura Gussoni
Ingénieur du son : Jose Luis Diaz
Directeur artistique : Daniel Gimelberg
Chef décoratrice : Valentina Llorens
Costumière : Andrea Mattio
Maquilleuse : Manuela Scheldbauer
Superviseur des effets visuels : Francisco Botto
Scripte : Maria Alejandra Uz
Chef électricien : Alan Badan
Producteur : Juan Aguirre, Federico Rotstein, Gonzalo Agulla et José Arnal
Production : LadobleA, Argentine
Directeur de production : Alejandro Cinelli
Distribution France : Kmbo
Attaché de presse : Stanislas Baudry

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements
à Vladimir Kokh, Grégoire Marchal, Grégoire Marchal,
Myriam Gast Loup et Stanislas Baudry
logos, textes & photos © www.kmbofilms.com

Publié dans PRÉSENTATIONS

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