* Julia

Publié le par 67-ciné.gi 2008

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Julia thriller de Erick Zonca

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avec :
Tilda Swinton, Saul Rubinek, Kate del Castillo, Aidan Gould, Jude Ciccolella, Bruno Bichir, Horacio García Rojas, Gastòn Peterson, Mauricio Moreno, Kevin Kilner, John Bellucci, Ezra Buzzington, Roger Cudney, Eugene Byrd et Sandro Kopp


durée : 2h20
sortie le 12 mars 2008
 
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Synopsis
Julia, 40 ans, est une femme alcoolique, grande gueule, menteuse, manipulatrice, une femme au bout du rouleau malgré son apparence encore flamboyante.
Entre deux hommes et deux verres de vodka, elle ne reçoit d’attention que de la part de son ami Mitch qui tente de l’aider. Une aide dont elle n’a que faire, tant la confusion due à l’alcool la conforte chaque jour dans l’idée que la vie a été injuste avec elle, qu’elle n’est pas responsable du gâchis de son existence.
Entrevoyant sa perdition et à la suite de sa rencontre avec Elena, une Mexicaine, Julia se convainc, autant par panique et désespoir que par avidité, de commettre un acte violent.
Commence alors une fuite en avant qui finalement la conduira à un choix de vie plutôt que de mort.

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Interview de Erick Zonca
- : Comment est né Julia ?

Erick Zonca : Mon désir est né d’une image d’Helmut Newton, une femme rousse et flamboyante au volant d’une Bmw à L.A . J’ai tout de suite eu envie de confronter cette image glamour avec quelque chose de plus violent : la déchéance causée par l’alcool, l’enfermement, les mensonges, la perte de soi et le rapport vicié à autrui, une déshumanisation de l’être.

- : Qui est exactement Julia ?

Erick Zonca : Une femme qui croit qu’elle peut encore faire illusion et qui en même temps sent qu’elle est en train de s’effondrer. Elle va prendre une décision folle et violente au mépris de toute considération humaine, persuadée que son salut est dans l’argent. Elle se retrouve alors dans une course effrénée, où les événements vont la forcer à retrouver sa part d’humanité. Et c’est cela qui m’intéressait : non pas un personnage conscient de ses actes, mais un personnage que l’action pousse à changer.

- : Comment vous est venue l’idée de Tilda Swinton pour Julia ?

Erick Zonca : Dès l’image d’Helmut Newton, ma co-scénariste, Aude Py, et moimême avons pensé à Tilda, à son étrangeté, à sa beauté, à son grand corps qui pouvait chanceler sous l’effet de l’alcool. Notre première rencontre a été foudroyante : son énergie, sa vitalité, sa façon très physique de s’exprimer ont confirmé mon intuition. J’avais envie d’un personnage très vivant, très grande gueule, et c’était elle, alors même que Tilda est à l’opposé de Julia, elle ne boit jamais. D’ailleurs, le veille du tournage, très consciencieuse, elle a voulu boire, mais après deux verres, elle s’est endormie !

- : Comment a-t-elle influencé l’écriture du personnage ?

Erick Zonca : Elle ne l’a pas influencée, elle s’est complètement plongée dans ce qu’on lui proposait. Tilda place toute sa confiance dans le réalisateur, elle m’a dit : je suis une marionnette et tu tires les ficelles. En réalité, c’est plus complexe, le personnage est apparu dans l’échange : je donnais une direction, et Tilda faisait preuve d’une très grande inventivité. Avec le nombre de prises que je prends... son énergie est inépuisable !

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- : Est-ce que c’était facile pour vous de combiner des éléments du thriller avec une étude de personnages ?

Erick Zonca : J’avais envie de partir d’un personnage, du chaos de son quotidien, quand on pense à un alcoolique, pour l’enserrer petit à petit dans une intrigue de thriller. Plutôt qu’une difficulté c’était un enjeu, emmener le spectateur là où il ne s’y attend pas.

- : Pourquoi avez-vous choisi de tourner le film au Mexique et aux États-Unis ?

Erick Zonca : J’avais envie de grandes étendues, de lumière, de couleurs. D’où Los Angeles plutôt que New York. Je ne voulais pas emprisonner une histoire violente et sombre dans la verticalité. Quant au Mexique, alors qu’il semble être une issue, la violence va s’y décupler, du fait même que Julia est américaine. Tijuana est une ville totalement tournée vers les États-Unis et son argent. Le rêve américain y est inaccessible pour la plus grande partie de la population mexicaine qui y réside.

- : Quelles ont été vos différentes inspirations pour l’aspect visuel du film ?

Erick Zonca : J’ai déjà parlé de l’image d’Helmut Newton, il y a bien évidemment Cassavetes mais également Nan Goldin qui en est pour moi une prolongation ; ils montrent chacun à leur manière une réalité crue, des drames violents, avec un sens de la mise en scène, de la lumière, des couleurs qui forcent le spectateur à se retrouver devant quelque chose qui a à voir avec la vie plutôt qu’avec le spectacle. Tout en étant dans une logique de thriller j’ai eu envie d’enrichir l’intrigue de ces qualités-là.

- : Comment c’était de travailler avec des acteurs mexicains et américains ?

Erick Zonca : Ça a été une expérience fabuleuse. Ce que j’ai remarqué c’est que les acteurs américains arrivaient sur le plateau réellement nourris de tout ce qu’ils avaient imaginé pour incarner leur personnage, des détails, des expériences, des émotions dont ils voulaient parler avec moi pour préciser, ajuster au plus fin leur interprétation. Un travail d’enrichissement perpétuel. Saul Rubinek, par exemple, pouvait parler des heures de Mitch, de sa relation aux autres personnages tout en étant extrêmement à l’écoute de tout ce que je pouvais lui proposer, même si parfois c’était difficile de l’arrêter. Les mexicains étaient moins expansifs par rapport aux déterminations et aux motivations de leur personnage, peut-être un peu plus secrets, mais avec une telle joie, un tel enthousiasme d’être là, une très grande envie de donner. On sentait qu’ils cherchaient quelque chose de très sincère. C’est cette sincérité qui m’a tout de suite plu chez Kate del Castillo.

- : Y a-t-il une morale à cette histoire ?

Erick Zonca : Absolument pas, on ne porte pas de jugement sur Julia et on ne cherche pas à justifier ce qu’elle fait. Elle est simplement prise par le tourbillon de ses actes, victime de sa confusion. Il n’y a pas de rédemption à la fin du film, elle n’est pas sauvée. On n’a aucune idée de ce que la vie va lui réserver. On sait simplement qu’elle s’est enfin souvenue que les autres existaient.

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Fiche technique
Réalisation : Erick Zonca
Scénario : Aude Py & Erick Zonca
Collaboration artistique : Camille Natta
Image : Yorick Le Saux
Son : Pierre Mertens
Mixage : Thomas Gauder
Décors : François-Renaud Labarthe
Costumes : April Napier
Casting : Heidi Levitt et Manuel Teil
Montage : Philippe Kotlarski
Montage son : Gert Janssen
Adaptation : Michael Collins et Roger Bohbot
Directrice de production : Sandra Solares
Productrice exécutive pour The 7th Floor : Carrie Fix
1er assistant réalisateur : Alvaro Curiel
1er assistant décorateur : Carlos Jacques
Chargées de production : Sophie Goldman (Bagheera), Valentina Novati (Bagheera) et Juliette Sol (Le Bureau)
Directeur financier : Vincent Gadelle
Administrateur : Rémi Roy
Administratrice adjointe : Christel Boucher
Régisseur général : Juan Uruchurtu
Régisseur adjoint : Horacio Rodriguez
Administratrice Mexique : Isabel Martinez
2nd assistants réalisateur : Juliana Fanjul et Stéphanie Beauchef
Assistant Melle Swinton : Sandro Kopp
1er assistant opérateur : Emmanuel de Fleury
2nd assistant opérateur : Alan Kelvin
Photographe de plateau : Camille Natta
Secrétaire de plateau : Gabriela Herrera
Perchman : Grégory Noel
Chef électricien : Leonardo Julian
Chef machiniste : Ulises García Medina
Accessoiriste : Gilberto Cortés
Chef maquilleuse : Sandra Miguelli
Chef coiffeuse : Tamani Ito
Coiffure de Melle Swinton : Pamela Neil
Ensemblier : Mauricio Waldo
Chef constructeur : Gabriel Cortés
Chef peintre : Lionel Guy
Chef peintre Mexique : Adan Garcia
Chef menuisier : Ricardo Chávez
Chef chauffeur : Adrián Flores «Chachita»
Production déléguée : Les Productions Bagheera
Coproduction : Le Bureau
Producteurs : François Marquis et Bertrand Faivre
Coproducteurs : France 3 Cinema, StudioCanal, Allen Bain& Jesse Scolaro (The 7th Floor) et Hubert Toint & Jean-Jacques Neira (Saga Film)
En association avec : Motion Investment Group

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Équipe Los Angeles
Directrice de production : Cathy Gesualdo
1er asistant réalisateur : Jeff «Bones» Fuller
Administratrice : Sarah Rubenstein
Assistante casting : Lauren Fernandes
Secrétaire de plateau : Michele Tedlis
1er assistant opérateur : Richard Moriarty
2nd assistant opérateur : Robert Baird
Chef électricen : Malcom Bryce
Perchman : Keith Birchfiel
Maquillage : Roz Music
Accessoiriste : Roger Dertinger
Décorateur de plateau : Dorit Oberman
Chef machiniste : Otto Betancourt
Chef costumier : Andrew Salazar
Responsable transport : Bill Kane
Chef chauffeur : D’Aldo Fazzone

Équipe de post-production
Assistant monteur : Basile Belkhiri
Monteuse dialogues : Valerie Le Docte
Bruiteur : Philippe Van Leer
Responsable post-synchro : Jo Masset (Backstage, BL)
Mixeuse post-synchro : Aline Gavroy
Étalonnage : Christophe Bousquet
Consultante musique : Elise Luguern
Responsable version française : Herve Icovic (Alter Ego)
Avec le soutien du programme : Media et de l’Union Européenne

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements à Rania Tadjine
logos & textes © www.studiocanal-distribution.com
photos © Les Productions Bagheera / Camille Natta

Publié dans PRÉSENTATIONS

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