* Maradona par Kusturica

Publié le par 67-ciné.gi 2008












Maradona par Kusturica documentaire de Emir Kusturica

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avec :
Diego Armando Maradona et Emir Kusturica

durée : 1h35
sortie le 28 mai 2008

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Synopsis
Emir Kusturica célèbre dans ce film l’incroyable histoire de Diego Maradona: héros sportif, Dieu vivant du football, artiste de génie, champion du peuple, idole déchue et modèle pour des générations du monde entier.
De Buenos Aires à Naples - en passant par Cuba - Emir Kusturica retrace la vie de cet homme hors du commun, de ses humbles débuts à sa notoriété mondiale, de sa fulgurante ascension au déclin le plus profond.
Un documentaire unique sur «le joueur du siècle», filmé par son plus grand fan.


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Une rencontre
Début 2005 : Emir Kusturica officialise l’annonce de son projet de documentaire sur Diego Maradona : Il s’agit du premier film qui abordera tous les aspects de la vie de Maradona.
Le réalisateur multi récompensé, deux Palmes d’Or et de nombreux prix internationaux, va filmer le plus grand joueur de tous les temps! La nouvelle fait l’effet d’une bombe. Le tournage doit débuter à Buenos Aires avant de se poursuivre à Naples, haut lieu d'exploits footballistiques de Maradona puis, Cuba, sa ville d’adoption et Belgrade, ville du cinéaste : Mon intention est de trouver et faire réapparaître au cours des cinq prochains mois la véritable personnalité de Maradona.
Ce film s’annonce alors comme la rencontre unique entre deux titans, unis par la démesure, la passion et le génie. Nul autre réalisateur n’aurait mieux pu comprendre l’énigme explosive qu’est Maradona, nul autre que Kusturica ne pouvait gagner sa confiance et son amitié : J’ai toujours rêvé d’être un joueur de football et, à ma manière, je l’ai été. Pour la première fois, Maradona accepte une collaboration intime et totale et se met à nu devant la caméra du cinéaste, laissant entrevoir enfin l’homme derrière le mythe.
Buenos Aires, 2 avril 2005 : anniversaire de Dalma, la fille aînée de Maradona. Kusturica est là, avec deux caméras et une équipe réduite. Maradona se bat alors contre ses démons et les traces qu’ils ont laissé dans son corps: des problèmes de coeur, poids, genou. Difficile de croire que cet homme renaîtra un jour de ses cendres : Le jour où je l’ai rencontré fût beaucoup plus important que ce que j’espérais. C’est une force de la nature; de lui, émane de l’émotion, de la puissance, de l’enchantement. Un être unique. Quatre jours plus tard au Soul Café, les plus grandes stars de la musique d’Amérique Latine sont rassemblées pour célébrer El Pibe de Oro. Le gamin en or. Tout le monde chante, Kusturica est appelé sur scène.
Le réalisateur et le footballeur.
Le gitan et le rockeur.
Deux artistes face à face. Leur voyage vient de commencer.
Dès lors, les deux hommes ne vont cesser d’exprimer l’admiration qu’ils ont l’un pour l’autre. En mai 2005, Diego Maradona se rend au Festival de Cannes car Emir Kusturica est président du jury. Ils passeront ensemble des nuits folles à faire la fête. En novembre 2005, invité au show télévisé de Diego Maradona, Emir Kusturica est présenté par le footballeur comme le réalisateur de génie, son frère. Ils échangent même quelques ballons. À l’occasion du Sommet des Amériques le 4 novembre 2005, Kusturica fait partie du train de protestation organisé contre la venue de Georges W. Bush en Argentine, il filme Diego Maradona en plein combat politique : Je suis impressionné par sa vision du monde, son humour et son humanitarisme. Le 1er février 2008, au cours d’un concert du No Smoking Orchestra à Madrid, Diego Maradona, qui suit le show depuis le balcon, monte sur scène et danse avec Emir...
C’est de cette alchimie cinématographique et humaine qu’est fait ce film.


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Diego Armando Maradona – une vie
Né le 30 octobre 1960 dans une banlieue loqueteuse de Buenos Aires, Maradona est aujourd’hui une véritable icône pop, au même titre que Brando, Elvis, Marilyn ou Bob Marley. Avec deux différences: d’abord, Diego Armando est une popstar… vivante. Ensuite, cette popstar est un joueur de football. Pourtant, Maradona possède l’aura des stars hollywoodiennes et le charisme des plus grands rockeurs. Car son parcours n’est pas celui d’un footballeur ordinaire. C’est celui d’un petit argentin doté de pieds en or, et de la main de dieu, élu en 2000 Joueur du siècle. D’un sportif surdoué, enchanteur, élevé au rang d’artiste rebelle. Un homme né pauvre, qui par son génie, son travail et son sacré caractère, va se hisser au sommet, connaître gloire et fortune, puis décadence et déchéance, frôler la mort, avant de connaître une rédemption émouvante et engagée. Diego Armando Maradona, athlète révolté, esthète admiré, a vécu plusieurs vies, en voici une.
C’est à Villa Fiorito, nom fleuri qui désigne en fait un bidonville de la province de Buenos Aires, que naît Diego Armando Maradona en 1960. Les Maradona, famille sans le sou, ont déjà quatre filles. Le gamin se révèle dès sa petite enfance particulièrement agile avec un ballon. À 11 ans, il intègre l'équipe du club d'Argentinos Juniors. Il devient rapidement une attraction, les médias et le public découvrant avec émerveillement ce petit jongleur capable de garder pendant une éternité la balle au pied. Interviewé par une télévision, il dévoile son plan : J'ai deux rêves, disputer une coupe du monde et… la remporter, avec l'Argentine. C’est un gosse de douze ans qui parle. Encore trois années, et il devient joueur professionnel. Les Argentinos Juniors sont alors un groupe surtout connu pour se prendre de sacrées déculottées. Grâce à Maradona, qui s’impose comme le leader de ces ex-pieds-nikelés, l’équipe devient une des plus redoutées du championnat. Il faut dire que Diego enchaîne but sur buts - 116 en 166 matches ! Repéré par le sélectionneur national, il intègre l’équipe d’Argentine. Il a seize ans, ce Mozart du ballon, un âge époustouflant, mais aussi handicapant: il est écarté de la Coupe du monde 1978, trop jeune. Il doit se rabattre sur la Coupe du monde des Espoirs, et c’est en tant que capitaine qu’il mène l'équipe d'Argentine junior à la victoire. Nous sommes en 1979, Diego Maradona est sacré Ballon d'Or argentin. Son ascension est irrésistible, et il entre définitivement dans la légende du football national en 1981, en emmenant son nouveau club, le mythique et populaire Boca Juniors, à la victoire du championnat, face aux riches de River Plate. Diego est un héros.


L’année suivante, il passe à côté de sa première coupe du Monde: maltraité par les défenseurs de tous pays, il est expulsé, et l’Argentine éliminée. Son génie n’en reste pas moins internationalement célébré, puisqu’il est acheté à prix d’or par le FC Barcelone. Il continue à faire des exploits dans les stades (38 buts en 58 matchs), et de plus en plus dans les boîtes de nuit. Il quitte l’Espagne à 23 ans, y abandonnant son étiquette de prodige cool, troquée contre celle de génie givré. Il signe au SSC Napoli, un modeste club italien où les supporters l’accueillent en légende vivante. L’osmose est ici parfaite, Maradona joue non seulement très bien, son toucher de balle reste sidérant, il apporte au club, entre 1984 et 1991, de multiples victoires et prix (Champion d'Italie en 1987 et 1990, Coupe d'Italie en 1987, Coupe UEFA en 1989 et Supercoupe d'Italie en 1990), c’est aussi ici qu’il développe sa conscience sociale, refusant de se ranger dans le camp des nantis, célébrant ses origines pauvres. Il se perfectionne aussi en tant que noceur, faisant de plus en plus les gros titres des tabloïds, alors que des rumeurs se développent quant à de supposés liens avec la Camorra.
S’il faut dresser un point d’orgue dans la carrière du génie, c’est certainement 1986, quand, à 25 ans, Diego participe à la Coupe du monde. Il réalise son deuxième rêve: la gagner. Grâce à son inimitable talent (jamais joueur n’a été dribbleur aussi impressionnant), et un sacré coup tordu: contre l’Angleterre, Maradona marque avec la main, l’arbitre n’y voit que du feu, le joueur se justifiera en disant qu’il n’y est pour rien, que c’est la main de dieu.
Quatre ans plus tard, l’Argentin est à deux doigts de rééditer le même exploit (gagner la Coupe du Monde), mais il est stoppé en finale par des allemands loin d’être manchots. On peut dire qu’à partir de ce moment là, alors que Diego Armando fête ses 30 ans, tout va partir un peu à vau-l’eau. Lors d’un contrôle de la police italienne, le monde entier découvre que le joueur est cocaïnomane. Il fuit Naples, passe par Séville, retourne à Buenos Aires. Il est sorti de la Coupe du Monde 1994 par la petite porte - usage d'éphédrine. Honteux, il traîne encore trois ans ses crampons sur les terrains, puis laisse tomber le football.
Retraité, Maradona trompe son ennui dans la drogue. En avril 2004: malaise cardiaque, direction l’hôpital. Revenu du purgatoire, vat- il trouver la sagesse? Pas tout de suite. Ces années-là sont pour Diego assez chaotiques, il se fait poser un anneau gastrique, replonge régulièrement dans la drogue, retourne sans cesse à l’hôpital. Maradona va trouver refuge chez son ami Fidel Castro, et refait surface avec son très populaire talk-show La Noche del 10. Entre deux séjours à Cuba, il continue de s’engager aux cotés des plus démunis, devenant une figure de l’altermondialisme, s’affichant avec le président vénézuélien Hugo Chavez lors de manifestations anti-Bush, exhibant à qui veut le filmer son tatouage du Che. En mars 2007, Maradona doit momentanément cesser toutes ces activités pour reprendre la direction de l’hôpital – officiellement: trop d’alcool, de cigare et de nourriture. L’état de Diego reste alarmant, puisque ses médecins lui détectent par-dessus le marché une hépatite. Mais depuis un an, ses bulletins de santé incitent à l’optimisme. Ses fan-clubs ne font plus que louer son génie passé, ils annoncent régulièrement les nouveaux projets de la superstar. On ne compte plus les chansons qui le célèbrent, dans tous les pays. Des émissions lui sont continuellement consacrées. Amateurs de foot ou non, des gens du monde entier ne cessent de l’admirer. Sa fille aînée s’est lancée dans le cinéma, et lui, alors qu’il n’a plus rien à prouver, se voit consacrer un film par Emir Kusturica !


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Fiche technique
Réalisateur : Emir Kusturica
Directeur de la photographie : Rodrigo Pulpeiro Vega
Photo de tournage : Juan Jose Traverso
Son : Raul Martínez Avila
Musique originale : Stribor Kusturica
Directrice de la production : Paula Álvarez Vaccaro
Montage : Svetolik Zajc
Un film produit par : José Ibáñez
Co-produit par : Belen Atienza, Alvaro Augustin, Olivier Delbosc, Marc Missonnier, Gaël Nouaille et Vincent Maraval

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements à Hélène Ber, Emmanuelle Castro, Alexandre Cerf et Nathalie Cieutat
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logos & textes © 2008 WBD - Tous droits réservés
photos © Juan Jose Traverso

Publié dans PRÉSENTATIONS

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