* JCVD

Publié le par 67-ciné.gi 2008












JCVD comédie de Mabrouk el Mechri

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avec :
Jean-Claude Van Damme, Francois Damiens, Zinedine Soualem, Karim Belkhadra, Jean-Francois Wolff et Anne Paulicevich

durée : 1h36
sortie le 4 juin 2008

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Synopsis
Entre ses déboires avec le fisc, sa bataille juridique pour la garde de sa fille et une carrière au point mort, Jean-Claude Van Damme quitte la frénésie de Los Angeles pour Bruxelles, le moral en berne et la Carte Bleue qui vire au rouge. Alors qu'il pense être à l'abri de la tourmente, c'est le coup de grâce : son avocat menace de le lâcher s'il ne lui paie pas au plus vite ses honoraires. Son agent concède à lui envoyer par mandat une avance sur cachet, Van Damme se rend dans un bureau de Poste pour retirer son argent. En vain. Des coups de feu retentissent, les portes se referment derrière lui, le rideau de fer tombe : pour JCVD, la journée va être très, très longue ...
Quand la vie de Jean-Claude Van Damme entre en collision avec la réalité ...
Comment être à la hauteur de la légende qu'on a bâti ? JCVD se situe au point de basculement de la vie et de son héros.


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Interview Mabrouk El Mechri
- : Comment est né le projet JCVD ?

Mabrouk El Mechri : Il y a deux ans, j'ai entendu parler d'un projet de comédie où Jean-Claude Van Damme devait incarner son propre rôle. J'ai immédiatement été séduit par l'idée. Pour ma génération, c'est LE héros de film d'action par excellence. J'ai grandi avec ses films ; ado, j'avais même accroché des posters de lui sur les murs de ma chambre ! Puis le temps a passé, mes goûts et ma cinéphilie ont changé, mais mon respect envers lui n'a jamais disparu. Je crois que dans le fond, il est toujours resté une idole.

- : Pourtant, au fil des années, son image s'est écornée. Ses frasques, ses petites phrases... C'est ce Van Damme que vous vouliez pour héros ?

Mabrouk El Mechri : Van Damme, ce n'est pas que ça. Bien sûr, les gens aiment ce personnage médiatique et culte pour son côté aware. Mais c'est également un Européen qui a réussi aux États-Unis, un acteur qui a su durer à Hollywood et faire recette au box-office. Et ça, je crois que ça n'a rien à voir avec le hasard. Mon désir, en m'attelant à l'écriture du scénario de JCVD, était de gommer cette image de star de pacotille qui lui collait à la peau et de revisiter le mythe.

- : A-t-il facilement accepté le rôle ?

Mabrouk El Mechri : Il fallait que je le rencontre pour le convaincre, mais surtout pour savoir exactement jusqu'où on pouvait aller ensemble s'il donnait son accord. Les producteurs ont organisé un dîner, mais vous vous imaginez bien que le côté on trinque et on est tous copains, on lui a fait des dizaines de fois… Je l'ai senti sur la défensive ce soir-là. Dès le lendemain, j'ai organisé une projection de mon précédent long-métrage, Virgil. Il l'a beaucoup aimé, et il a donné son feu vert pour JCVD.

- : Comment avez-vous déterminé la part de fiction et la part de réalité du film ?

Mabrouk El Mechri : Tout simplement en le demandant à Van Damme : Est-ce que je peux aller là ? Est-ce que je peux faire ça avec ton personnage ? Je n'ai jamais rien conçu contre ou malgré lui. Tout le défi a consisté à trouver l'équilibre entre la fiction - l'histoire d'un mec qui rentre dans une banque et qui n'en sort pas pendant 1h30 - et les éléments du réel, en faisant abstraction des idées préconçues du public.

- : Finalement, vous avez offert à Jean-Claude Van Damme son premier contre-emploi

Mabrouk El Mechri : Je ne le vois pas comme ça. JCVD, c'est l'opportunité pour un bon acteur de s'investir dans un rôle inédit, avec une sensibilité plus européenne. Je voulais qu'il se sente acteur plutôt que star. D'ailleurs, il n'a eu aucun passe-droit. Je lui ai tout de suite fait comprendre qu'il n'était pas plus important que ceux qui lui donnaient la réplique. Mais je n'ai jamais perdu de vue qu'il avait bâti sa carrière à la sueur de son front, et que c'était parce qu'il avait accepté le rôle que le film avait pu se monter.


- : Dans JCVD, vous n'avez pas hésité à confronter Van Damme à son image, qui a souvent été tournée en ridicule. Comment a-t-il réagi ?

Mabrouk El Mechri : Lors d'une scène, Jean-Claude se retrouve devant la télé qui crache un pot-pourri de ses phrases cultes. Pendant la première prise, il ne se passait rien sur son visage. On s'est isolés et je lui ai demandé où était le problème. Il m'a répondu : Il faut que tu me dises exactement ce que tu veux, parce que moi, je suis blindé. J'ai tellement vu et revu ces scènes que je ne sais pas quoi faire… Il a fallu le mettre face à lui-même, être frontal et concret. Mais il n'a jamais été question de censurer des scènes sous prétexte qu'il allait mal le prendre. Une fois que Van Damme a accordé sa confiance, tant qu'on ne le déçoit pas, on peut tout lui demander. Il est très soucieux de bien faire, et a toujours été conscient des enjeux du film. Mon boulot a consisté à faire retomber la pression et à lui dire : Vas-y, amuse-toi !

- : Tout dans JCVD, de la direction artistique aux dialogues, fait penser aux films américains des 70's.

Mabrouk El Mechri : C'est vrai que JCVD lorgne vers le ciné d'exploitation US de la fin des 70's dont je suis fan. Avec, comme référence ultime, Un après-midi de chien de Sidney Lumet. C'est mon film d'otages préféré, une figure essentielle du genre. Dès les premières minutes, tout est posé : les personnages, le contexte social, l'humour. Le pitch de JCVD pourrait être le titre d'un fait-divers : Jean-Claude Van Damme s'est retranché dans une banque. Le but était de passer de l'anecdote à un récit cinématographique, tout en gardant le piquant de la situation.

- : On pense également à Dans la peau de John Malkovich

Mabrouk El Mechri : Spike Jonze et Charlie Kaufman ont parfaitement réussi la mise en abîme d'un homme qui joue son propre rôle dans une fiction. Leur travail sur la déconstruction de la célébrité est brillant !

- : Comment passe-t-on de Virgil à JCVD ?

Mabrouk El Mechri : Je vois JCVD comme la continuité de mon travail sur Virgil, qu'il s'agisse du hors champ, de la lumière, de la direction d'acteurs, etc. La différence, c'est les moyens, et donc, une possibilité pour moi d'affiner mes choix de mise en scène. Je suis très inspiré par les séries américaines, qui ont parfaitement intégré une notion : celle de la séquence, qu'on envisage comme un film à l'intérieur du film. Cette construction permet les ruptures de ton, l'émotion pure peut même être contrée par de l'humour sans ruiner le récit. C'est peut-être ça la particularité de JCVD, qui oscille entre comédie, polar et drame.

- : Pourquoi avoir choisi cette narration si particulière, avec ces allers-retours entre présent et passé, les scènes filmées sous des angles différents, etc. ?

Mabrouk El Mechri : C'est venu logiquement, puisque JCVD est un film sur le point de vue. Le Jean-Claude Van Damme public face au Jean-Claude Van Varenberg privé. La star de papier glacé face à un être de chair et de sang. D'où la possibilité de raconter, avec les mêmes éléments, plusieurs histoires différentes.

- : Avez-vous laissé à vos acteurs la possibilité d'improviser leurs dialogues ?

Mabrouk El Mechri : Ils m'ont proposé beaucoup de choses. Si c'était meilleur ou plus convaincant que ce que j'avais écrit, j'étais preneur. Les dialogues de la scène où Van Damme parle à son agent du montage financier d'un film ne sont pas de moi, ce qu'ils m'ont proposé était bien plus efficace que ce que j'avais envisagé ! C'est formidable quand sur son propre tournage, on arrive à être surpris, à être soi-même spectateur. Entendre Jean-Claude jouer en français, par exemple, était totalement désarçonnant. On a l'habitude de l'entendre dire death et I love you, alors que là il dit mort et je t'aime. Ça casse un peu le côté bigger than life du personnage, pour tendre vers une sorte de naturalisme.

- : Pendant l'écriture du scénario, quels acteurs aviez-vous en tête ?

Mabrouk El Mechri : J'ai écrit les autres rôles en pensant à Karim Belkhadra et Zinedine Soualem. Je savais que Zinedine était capable de jouer le pourri, je l'avais compris en le voyant dans La haine. Et je voulais creuser la dimension comique de Karim que j'avais déjà effleurée dans Virgil… Ce que j'aime chez eux, c'est leur humanité, leur côté hommes de la rue. La performance de Jean-Claude doit beaucoup à la simplicité et au travail dont ils ont fait preuve sur le plateau. Si besoin était, ils étaient là pour lui remettre les pieds sur terre.

- : La bande originale de JCVD est, là encore, très inspirée des 70's.

Mabrouk El Mechri : Pour des questions de coproduction, on m'a plus ou moins imposé Gast Waltzing, un compositeur luxembourgeois. Moi j'avais Un après-midi de chien en tête, et dans le film de Lumet, il n'y a aucune musique additionnelle. Entre lui et moi, ça a plutôt mal démarré : d'abord parce que je ne voulais pas de musique, et ensuite parce que ce qu'il m'a fait écouter ne m'a pas plu. Je sors de notre rendez-vous, et dans le couloir, je vois une photo de Gast aux côtés de Quincy Jones et Terence Blanchard, des musiciens que je vénère. Ce que je ne savais pas, c'est que Waltzing est l'un des plus grands trompettistes de jazz qui soit ! Quand on lui commande des musiques de films, on ne le laisse jamais aller vers ce qu'il sait faire le mieux : du big band. Du coup, on a décidé ensemble de s'inspirer des compositions de Lalo Schifrin et Terence Blanchard. Et finalement, j'adore le résultat !

- : Parlez-nous de cet impressionnant plan-séquence où Van Damme est face caméra.

Mabrouk El Mechri : On en est fiers parce qu'il est à l'image de tout ce qu'on a vécu : le résultat d'un véritable climat de confiance. Ce plan-séquence est venu naturellement, à un moment du tournage où Van Damme et moi n'avions plus rien à nous prouver. C'était un défi pour lui, mais aujourd'hui, quand il le revoit, il sait qu'il a été authentique.

- : Qu'aimeriez-vous qu'on vous dise en sortant d'une projection de JCVD ?

Mabrouk El Mechri : Une fois, quelqu'un m'a dit : Je suis rentré dans la salle en pensant que j'allais cerner Jean-Claude Van Damme, et j'en sors sans le connaître. C'est parfait, parce que JCVD n'a pas cette prétention. Il ouvre des portes, fait l'éclairage sur le personnage public et privé qu'est Van Damme. Mais c'est avant tout une comédie d'action interprétée par un très bon comédien.


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Fiche technique
Réalisateur : Mabrouk El Mechri
Scénario : Mabrouk El Mechri, en collaboration avec Frédéric Benudis
Adaptation et dialogues : Mabrouk El Mechri
Musique originale : Gast Waltzing
Directeur de la photographie : Pierre-Yves Bastard
Cadre : Patrick De Ranter
Décors : André Fonsny
Montage : Kako Kelber
Son : Philippe Kohn, Patrice Grisolet et Thomas Gauder
Supervision musicale : Varda Kakon
Assistant à la mise en scène : Manu Kamanda
Casting : Françoise Menidrey
Coproduction : Gaumont - Samsa Films - Artemis Productions - Rtbf
Direction de la production : Philippe Desmoulins, Bernard Seitz, Brigitte Kerger-Santos et Vincent Canart
Executive producer : Jean- Claude Van Damme
Coproducteurs : Jani Thiltges, Patrick Quinet et Arlette Zylberberg
Producteur Executif : Marc Fiszman
Producteur Délégué : Sidonie Dumas

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de



remerciements
à Nicolas Weiss
logos, textes et photos © 2008 Gaumont - www.gaumont.fr

Publié dans PRÉSENTATIONS

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