* Affaire de famille

Publié le par 67-ciné.gi 2008












Affaire de famille policier de Claus Drexel

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avec :
André Dussollier, Miou-Miou, Eric Caravaca, Hande Kodja, Julien Courbey, Philippe Herisson, Sylviane Goudal, Sandy Lakdar, Laurent Bariteau et Serge Gaboriau


durée : 1h30
sortie le 4 juin 2008

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Synopsis
Dans la vie de Laure Guignebont, il y a Jean, son mari, et Marine, leur fi lle. Il y a aussi Les Marmottes, le magasin de souvenirs délicieusement kitsch qu’elle tient à Grenoble, les livres de Stephen King et le chocolat, antidote à l’ennui ou à l’angoisse, allez savoir.
Dans la vie de Jean Guignebont, il y a Laure, son épouse, et Marine, leur fi lle. Mais il y a aussi le football, le football et le football, entre nostalgie et espoirs déçus, penalty raté et fantasme d’exil au Brésil.
Et puis, un soir de match, dans la vie des Guignebont, débarque un sac de sport rouge rempli de billets de banque. mais aussi en sous-sol. La famille, quelle affaire !
Lorsque Laure le découvre dans le bureau de Jean, dans la vie des Guignebont, s’insinuent le doute, le mensonge et la dissimulation. Trompeuses apparences, tromperies apparentes, la petite mélodie se joue en surface.


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Un jeu de piste
Au cours de longs mois de cogitations intenses en duo, sans prendre la moindre note, le projet a pris forme. « Nous avons suivi deux pistes qui se sont rejointes, précise Claude Scasso. Nous voulions d’abord écrire une histoire noire avec de l’humour et de la violence dans laquelle des gens normaux seraient confrontés à des situations anormales qui les conduiraient à se dépasser, à sortir de leur cadre conventionnel. Nous voulions parler de gens simples. Pas ringards mais qui ont une vie sans grand intérêt, et y introduire un événement qui devient un cataclysme. Il ne fallait pas que la somme soit énorme. Un sac de billets suffi sait. Par ailleurs, nous avons la conviction que la caméra ne ment pas. Nous avons donc voulu mettre le spectateur dans la peau des personnages et le conduire à la vérité de chacun d’entre eux, une vérité qui n’est pas forcément La Vérité. »
Pour mener à bien ces partis pris ambitieux, l’idée de raconter la même histoire selon des points de vue différents a rapidement vu le jour. « La grande référence, c’est Rashomon, rappelle Claus Drexel. Mais le film de Kurosawa fonctionne surtout sur le mensonge et sur le souvenir qui déforme la réalité. » Affaire de famille, c’est davantage un jeu de piste truffé de bombes à retardement qui explosent petit à petit sans qu’on s’y attende. Alors même qu’on croyait avoir tout saisi. « Nous avons passé beaucoup de temps à l’écriture pour faire en sorte que, du point de vue du personnage, le spectateur sache tout, ajoute Claus. On ne lui cache rien. » « On a écrit en pensant constamment au spectateur, confirme Claude. Qu’est-ce qu’il sait ? Son intérêt est-il toujours là ? Quand il comprend quelque chose, on le trimballe mais, au final, il se retrouve en position de Dieu, il est le seul à connaître la réalité dans son ensemble. Le slogan, ça pourrait être : allez voir le film, sinon vous ne saurez jamais. »

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Une réalisation adaptée à un scénario diabolique
Ce mécanisme d’horlogerie, les acteurs l’ont fait fonctionner avec gourmandise. « Dès que j’ai lu le scénario, ça m’a plu, se souvient André Dussollier (Jean Guignebont). J’aime bien les choses un peu surprenantes, les constructions habiles et inventives. Le fait de faire vivre la même histoire par trois personnages différents, ça rend le spectateur très actif. J’aime quand le cinéma rend le spectateur intelligent. »
« La construction fait la particularité du film, renchérit Hande Kodja (Marine Guignebont). On a soif de savoir ce qui va se passer. Il y a de l’action, beaucoup de rebondissements. »
« On est allé à l’essentiel, insiste Claus Drexel. Le danger de ce genre de film, c’est le ralentissement du rythme. Dans un fi lm où la structure scénaristique est très importante, il ne faut pas être seulement dans le registre de l’exercice de style. Il fallait trouver des petits détails qui caractérisent rapidement les personnages, qui leur donnent une contenance, sans être obligé de s’apesantir. » « On pourrait perdre le spectateur en route parce qu’il n’aura pas envie de changer de point de vue, rétorque Claude Scasso. Le premier qui intervient c’est Laure et le spectateur va avoir envie de résoudre le mystère avec elle. » « À chaque fin de chapitre, nous avons voulu laisser une ouverture avant de commencer un nouveau chapitre sur une scène forte, conclut Claus. On ne laisse pas au spectateur le temps de réaliser ce qui arrive et on le ramène en arrière. »


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Un casting sur mesure
Pour faire tenir en équilibre ce vertigineux édifice, le choix des acteurs était un élément de stabilité essentiel. « Nous n’avions pas le temps de présenter les personnages, il fallait qu’ils jouissent d’un fort taux de sympathie auprès du public, expose Claus. Lorsque Miou-Miou découvre le sac plein d’argent, elle est angoissée. On peut s’identifi er à elle, elle déclenche une empathie qui permet d’entrer dans l’histoire. C’est la même chose pour André Dussollier. Ce sont des personnages que l’on aime beaucoup et que l’on place dans une situation inhabituelle. » Pour le rôle de la fille de la famille, Hande Kodja s’est imposée au terme d’une audition très réussie. « Elle avait une lecture très précise du scénario. » Quant à Eric Caravaca et Julien Courbey, ce sont deux acteurs auxquels le réalisateur tenait tout particulièrement. « Eric est un artiste d’une grande fi nesse dans le jeu, estime Claus. On le voit souvent dans des fi lms d’auteurs mais il a envie de faire des choses très différentes. De son côté, Julien est surtout employé dans des comédies où il joue les losers. Pour moi, il a un vrai potentiel qui dépasse ça. Il a apporté beaucoup au rôle. »
Affaire de famille marque les retrouvailles de Miou-Miou et André Dussollier. Quatorze ans après Montparnasse Pondichery de Yves Robert, où ils incarnaient deux personnages épris l’un de l’autre.

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Un tournage participatif
Tout ce petit monde s’est retrouvé sur le tournage, entre Paris et Grenoble, où la boutique de Laure a été reconstituée. « C’était très énergisant, s’amuse Miou-Miou. Il y avait une sorte d’urgence, de la rapidité, avec ce grand Claus qui agitait ses mains, en insufflant sa passion. »
« J’avais rencontré Claus un ou deux ans avant, se souvient Eric Caravaca. Je l’avais trouvé très à l’aise, bien dans sa peau et assez joyeux. »
« On courait après le temps, les journées étaient longues mais on rigolait beaucoup », assure Hande Kodja.
« J’aime bien l’urgence, soutient André Dussollier. Pour autant, on n’a pas souffert d’un manque de temps. Tout était suffi samment bien préparé. » Une précision et une anticipation nécessaire au découpage du scénario mais qui n’a jamais privé quiconque d’apporter sa contribution personnelle. « Claus m’a fait le cadeau de ne pas être l’auteur qui tient à ce qu’il a écrit, se félicite André. C’était un échange, il n’avait pas peur de changer les choses au dernier moment. »
« On était libre, souffle Miou-Miou. Les metteurs en scène qui ont leur film en tête dans sa globalité, qui maîtrisent l’image, le son, l’écriture, tempère Miou-Miou. C’était très amusant à faire. Le résultat me fait beaucoup rire. »
Dans l’une des scènes fortes du film, Laure subit une séance de cellophanage facial à la fois absurde et terrifiante mais que Miou-Miou a insisté pour tourner sans les précautions prévues par l’équipe. « Elle a été formidable, elle a joué sans trucage, lâche Claus admiratif. Elle voulait absolument être vraiment attachée à la chaise et avoir le film plastique sur la tête sans ouverture pour respirer. Elle a tenu très longtemps. »
« Il ne faut pas exagérer, je ne saute pas dans le vide, tempère Miou-Miou. »


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Un film en musique
Pour Claus Drexel, il y a deux familles de cinéastes, les littéraires et ceux qui sont davantage intéressés par l’image et le son. Il se range dans le deuxième camp et a apporté un soin tout particulier à la bande originale, en étroite collaboration avec le musicien Arnaud de Buchy, qui avait composé la musique de deux de mes trois courts-métrages. Pour la partie la plus rock, celle qui correspond au chapitre consacré à Marine, Claus explique : « Je me suis mis à écouter tout un tas de jeunes groupes plus confi dentiels et je suis tombé, grâce à un podcast des Inrockuptibles, sur les Ça collait parfaitement au fi lm et on a Anglais de SmallWhiteLight. Un groupe qui joue essentiellement dans des pubs et n’a jamais enregistré le moindre album. Je leur ai écrit par l’intermédiaire de leur site sur MySpace et ils m’ont immédiatement envoyé des fi chiers mp3 par email. utilisé trois morceaux, dont celui du générique de fi n. C’est une belle histoire pour tout le monde. » Une belle histoire de famille.

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Claus Drexel réalisateur et co-scénariste
Né en Allemagne, Claus Drexel a débarqué à Grenoble à l’âge de 3 ans lorsque son père, qui travaille dans la recherche fondamentale sur les neutrons, a rejoint le Synchrotron. Adolescent, il était passionné par le sport, le ski notamment, qu’il a pratiqué en compétition, croisant même un jour sur une course en descente Luc Alphand, multiple vainqueur de la Coupe du Monde, et Jean-Luc Crétier, champion olympique. Il s’est aussi passionné pour le football américain, décrochant un titre de champion de France de 2e Division avec les Centaures de Grenoble. Aujourd’hui, le foot, qui tient une place importante dans le film, accapare beaucoup de son temps puisqu’il n’hésite pas à faire régulièrement le voyage jusqu’à Munich pour soutenir le Bayern, club dont il est membre. Après le bac, il se destinait à une carrière d’ingénieur du son mais, en fin de première année, il doit réaliser uncourt-métrage en guise de devoir de fin d’année et c’est la révélation. Il se perfectionne ensuite en ajoutant l’image et le montage à sa palette, pour maîtriser l’ensemble de la chaîne. Affaire de famille est son premier long métrage, après avoir travaillé comme directeur de la photographie, réalisé plusieurs courts et quelques documentaires pour « Des Racines et des Ailes » ou « Envoyé Spécial » (portrait de Jacques Gamblin).

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Claude Scasso co-scénariste
Après avoir été journaliste, entre autre à L’Écran Fantastique, Claude Scasso s’est tourné vers l’écriture de scénarii. Il a notamment écrit pour des séries d’animation pour les enfants, ce qui l’a amené vers son premier long métrage, Pinocchio le robot. Mais, c’est à la télévision qu’il a connu ses plus grandes réussites avec « La Nourrice », un unitaire interprété par Sophie Quinton et Marthe Keller, vu par 9 millions de téléspectateurs et de nombreuses fois primés, mais aussi « Tombé du Ciel », une chronique sensible sur l’adoption, inspiré par sa propre expérience. Il a aussi imaginé la série « Les Tricheurs », avec Pascal Légitimus, dont le pilote a été diffusé sur M6 et qui va poursuivre sa carrière prochainement sur France 3. C’est sa passion pour Stanley Kubrick qui lui a permis de rencontrer Claus Drexel. Il a en effet découvert le troisième court-métrage du réalisateur, « La Divine Inspiration », dans le numéro spécial d’un magazine spécialisé consacré au cinéaste américain. Pour ce film en costumes tourné à La Conciergerie, à Paris, Claus Drexel avait en effet réussi à convaincre l’acteur américain Keir Dullea, le professeur David Bowman de 2001, L’odyssée de l’espace, de jouer le rôle principal.


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Fiche technique
Réalisation : Claus Drexel
Scénario et dialogues : Claude Scasso et Claus Drexel
Image : Antoine Roch
Décors : Sylvain Chauvelot
Son : Xavier Griette, Hervé Guyader et Emmanuel Croset
Montage : Simon Jacquet
Musique originale : Arnaud de Buchy
Directeur de production : Laurent Lesueur
Directrice de postproduction : Catherine Constant-Grisolet
Produit par : Philippe Garell
Une coproduction : Animakids Productions / France 3 Cinéma, Hopewell Productions, Rhône-Alpes Cinéma, La Fabrique De Films
Avec la participation de : la Région Rhône-Alpes, du Centre National de la Cinématographie,de Canal + et de Cinécinéma, en association avec Films Distribution

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de



remerciements à
Davy Antoine et Milène Lefèvre
logos, textes et photos © www.lafabriquedefilms.fr

Publié dans PRÉSENTATIONS

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