* Gomorra

Publié le par 67-ciné.gi 2008











Gomorra drame de Matteo Garrone

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avec :
Salvatore Abruzzese, Gianfelice Imparato, Maria Nazionale, Toni Servillo, Carmine Paternoster, Salvatore Cantalupo, Marco Macor, Ciro Petrone, Gigio Morra, Zhang Ronghua, Simone Sacchettino, Salvatore Ruocco, Vincenzo Fabricino, Gaetano Altamura, Italo Renda, Salvatore Striano, Carlo del Sorbo, Vincenzo Bombolo, Alfonso Santagata, Massimo Emilio Gobbi, Salvatore Caruso, Italo Celoro, Manuela Lo Sicco, Giovanni Venosa, Vittorio Russo et Bernardino Terracciano


durée : 2h15
sortie le 13 août 2008

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Synopsis
On ne partage pas un empire d'une poignée de main, on le découpe au couteau. Cet empire c'est Naples et la Campanie. Gomorrhe aux mains de la Camorra. Là-bas, une seule loi : la violence. Un seul langage : les armes. Un seul rêve : le pouvoir. Une seule ivresse : le sang.
Nous assistons à quelques jours de la vie des habitants de ce monde impitoyable. Sur fond de guerres de clans et de trafics en tous genres, Gomorra raconte les destins croisés de : Toto, Don Ciro et Maria, Franco et Roberto, Pasquale, Marco et Ciro.
Fresque brutale et violente, Gomorra décrit avec une incroyable précision les cercles infernaux de la Camorra napolitaine pour mieux nous y entraîner. Gomorra est tiré du best-seller de Roberto Saviano et s'inspire de faits réels.


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Notes du réalisateur
Matteo Garrone : « La réalité dont je suis parti pour tourner Gomorra était si puissante du point de vue visuel que je me suis astreint à la filmer avec une simplicité extrême, comme si j’étais un spectateur qui se trouvait là par hasard. J’avais la sensation très nette que c’était la façon la plus efficace de rendre toutes les émotions vécues au cours du tournage. »

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L'empire du crime
Les mafias italiennes sont une holding qui engendre la guerre : plus de 10.000 morts, en trente ans !
Il s'agit également de l'entreprise la plus puissante d'Italie, l'un des piliers de l'économie européenne, avec un chiffre d'affaires de 150 milliards d'euros par an , alors que le chiffre d'affaires du Groupe Fiat, dans le monde entier, s'élève à 58 milliards d'euros. Au cours des 30 dernières années, la Camorra a assassiné quatre mille personnes, plus que l'IRA, plus que l'ETA, plus que Cosa Nostra, la mafia sicilienne.
Les nombreux clans qui la composent se répartissent tout le territoire de Naples et de Caserte, un territoire très densément peuplé sur lequel ils exercent un contrôle sans pareil. Chaque jour, ce pouvoir s'étend encore davantage, un pouvoir démesuré et invisible. La Camorra ne s'enrichit pas seulement avec le trafic de drogue et d'armes ou avec les extorsions. Ses affaires s'étendent à tous les secteurs : le bâtiment, le tourisme, le textile, les transports, les carburants, la distribution des produits alimentaires, les supermarchés, les restaurants, les magasins, les cinémas et les banques. Les bénéfices immenses provenant de ces activités illégales sont ensuite réinvestis dans d'innombrables activités légales, à l'échelle du monde entier, de Taiwan à Aberdeen. La Camorra a même acheté des actions pour la reconstruction des Tours Jumelles (Twin Towers) à New York.  Ses clans comptent des milliers d'affiliés, des gens de toutes classes sociales. Médecins, entrepreneurs, chimistes, ingénieurs, ouvriers du bâtiment, éboueurs, psychologues, charcutiers, tailleurs, ouvriers agricoles. Elle engage même des enfants qu'elle emploie pour dealer de la drogue, pour faire le guet, porter des messages ; elle les emploie même comme soldats et, une fois adolescents, ils deviendront naturellement des tueurs.  En Italie – selon les chiffres de la Direction Nationale Antimafia – ces organisations criminelles peuvent compter sur une armée de 25.000 affiliés environ et près de 200.000 personnes qui les soutiennent directement.  Grâce à ses prix défiant toute concurrence, la Camorra a acquis le monopole du trafic des déchets toxiques. Pendant plus de trente ans, de nombreuses entreprises du nord et du centre de l'Italie ont, par le biais d'intermédiaires liés à la Camorra, enfoui leurs déchets toxiques au sud de l'Italie, en empoisonnant des terrains agricoles et en favorisant l'augmentation exponentielle des cas de cancers. Si les déchets illégaux, gérés par les clans, étaient entassés, ils formeraient une montagne de 14.600 m, sur une base de trois hectares, presque le double de l'Everest.  Dans le secteur de la mode, la Camorra gère la production de toute la contrefaçon, mais elle contribue également à celle d'une partie officielle du "Made in Italy" le plus prestigieux, cela grâce à un réseau extrêmement ramifié d'ateliers travaillant au noir et dépendant du crédit des clans.
Scampia, le quartier de la banlieue nord de Naples, est considéré comme la plus grande plaque tournante de la drogue au niveau mondial : un seul clan y fait un bénéfice de 500.000 euros par jour. C'est là qu'en février 2004 a éclaté une faida au sein de l'un des plus grands clans, qui a provoqué des dizaines de morts en quelques semaines. Les faits auxquels vous allez assister s'inspirent de faits réels, des épisodes qui se sont produits et continuent à se produire dans les quartiers de Naples, tels que Scampia, et dans la région de Caserte. Là où la vie de milliers d'hommes et de femmes, de jeunes surtout, est complètement conditionnée par le pouvoir criminel et par sa violence.


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 Extraits du livre de Roberto Saviano
Roberto Saviano : « A Naples, la violence est le moyen le plus compliqué mais aussi le plus pratique de devenir un entrepreneur qui gagne; et l'atmosphère de ville de guerre qu'on respire chaque jour à l'odeur rance de la sueur, comme si les rues étaient des salles de sport à ciel ouvert où chacun exerce sa capacité à voler, à braquer, à saccager et à tester les mécanismes du pouvoir, l'ivresse de la croissance économique. »

Roberto Saviano : « J'ai essayé de compter combien il y a eu de victimes, de morts, de vies perdues depuis que j'étais né. Pour comprendre comment fonctionne l'économie de la Camorra, il ne faudrait pas compter les morts. C'est le plus mauvais indicateur du pouvoir réel, mais aussi le signe le plus visible, le plus immédiat, celui qui fait raisonner avec les tripes. Voici les chiffres: 100 morts en 1979, 140 en 1980, 110 en 1981, 264 en 1982, 204 en 1983, 155 en 1984, 107 en 1986, 127 en 1987, 168 en 1988, 228 en 1989, 222 en 1990, 223 en 1991, 160 en 1992, 120 en 1993, 115 en 1994, 148 en 1995, 147 en 1996, 130 en 1997, 132 en 1998, 91 en 1999, 118 en 2000, 80 en 2001, 63 en 2002, 83 en 2003, 142 en 2004, 90 en 2005.
3600 morts depuis que je suis né. La Camorra a fait plus de victimes que la mafia sicilienne, plus que la Ndrangueta, plus que la mafia russe, plus que les familles albanaises, plus que l'E.T.A. en Espagne et l'I.R.A. en Irlande réunies, plus que les brigades rouges, les N.A.R. et tous les attentats commis en Italie durant les années de plomb. La Camorra a tué plus que n'importe quelle autre organisation.
»

Roberto Saviano : « Dans l'enquête de la DDA réalisée en 2004, les déclarations d'un repenti révélaient que 50% des commerces de Naples sont gérés en sous-main par la Camorra. »

Roberto Saviano : « Ce n'est pas le cinéma qui observe le monde du crime pour s'inspirer des comportements les plus marquants, mais précisément le contraire (...) Le cas du parrain est significatif. En Sicile ou en Campanie, personne au sein des organisations criminelles n'avait jamais utilisé auparavant le terme "padrino", fruit d'une traduction plus ou moins exacte de l'anglais "godfather" (...). Les camoristes doivent se forger une image criminelle que souvent ils n'ont pas et qu'ils trouvent au cinéma. En revêtant un masque hollywoodien facilement reconnaissable, ils prennent une sorte de raccourci qui fait d'eux un personnage immédiatement menaçant. »

Roberto Saviano : « Depuis Tarantino, ces gars-là savent plus tirer comme il faut! Ils tirent plus avec le canon droit, mais tiennent toujours leur arme inclinée, presque à plat. Ils tirent comme dans les films, le pistolet de travers, c'est un désastre: ils touchent le bas-ventre, l'aine et les jambes, ils blessent grièvement mais sans tuer. Et donc ils sont obligés d'achever la victime d'une balle dans la nuque. Un fleuve de sang inutile, une barbarie complètement superflue qui n'a rien à voir avec l'exécution. »

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Fiche technique
Réalisation : Matteo Garrone
Scénaristes : Maurizio Braucci, Ugo Chiti, Gianni Di Gregorio, Matteo Garrone, Massimo Gaudioso et Roberto Saviano
D'après l'oeuvre de : Roberto Saviano
Directeur de la photographie : Marco Onorato
Compositeur : Matthew Herbert
Monteur : Marco Spoletini
Monteur son : Daniela Cassani
Chef décorateur : Paolo Bonfini
Costumière : Alessandra Cardini
Assistant réalisateur : Gianluigi Toccafondo
Coordinateur des cascades : Daniele Nguyen
Directeur de production : Michela Rossi
Producteur : Domenico Procacci
Producteur délégué : Laura Paolucci
Production : Fandango et Rai Cinema
Distribution : Le Pacte
Attachée de presse : Alexis Delage-Toriel et Annelise Landureau

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements à
Philippe Lux
logos, textes & photos © www.le-pacte.com

Publié dans PRÉSENTATIONS

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