* Lust, caution

Publié le par 67-ciné.gi 2008

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Lust, caution romance de Ang Lee

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avec :
Tony Leung Chiu-Wai, Tang Wei, Joan Chen, Wang Leehom, Tou Chung Hua, Chu Jr Ying, Kao Ying Hsuan, Ko Yu Lien, Johnson Yuen, Chin Ka Lok, Su Yan, He Sai Fei, Song Ru Hui, Fan Kuang Yao, Lisa Yen Lu, Anupam Kher, Liu Jie, Yu Ya, Wang Lin, Hua Dong, Wang Kan, Song Jian Hua, Takesita Akiko, Fujki Hayato, Seto Masumi, Koyama Noriko, Shayam Pathak, Gu Zhang-Ping, Gao Bo-Wen, Yu Qun, Lau Yat Tung, Lai Yuk Ching, Yuji Kojima, Mizogomi Yoko, Minamikata Fumika, Anys Fatnassi, Tang Ya Jun, Shi Hong, Deng Wei et Li Dou


durée : 2h38
sortie le 16 janvier 2008

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Synopsis
Dans les années 1940, alors que le Japon occupe une partie de la Chine, la jeune étudiante Wong est chargée d'approcher et de séduire Mr Yee, un des chefs de la collaboration avec les japonais, homme redoutable et méfiant que la Résistance veut supprimer.
Très vite, la relation entre Wong et Mr Yee devient bien plus complexe que ne l'avait imaginé la jeune femme.

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Contexte historique
C’est en 1937 que le Japon s’empare des principales villes chinoises mais Hong Kong reste zone libre jusqu’en 1941.
Wang Jingwei crée à Nankin en 1940 un gouvernement à la solde des Japonais jusqu’à leur capitulation en 1945.

Chronologie
1921 Fondation à Shanghai du Parti communiste chinois par quelques intellectuels.
Formation à Canton d'un gouvernement nationaliste présidé par Sun Yat-sen.
1927 Tchang Kai-shek écrase les communistes et forme son propre gouvernement à Nankin.
1929-34 Fondation d'une république soviétique dans le Jiangxi, sur laquelle Tchang Kai-shek envoie l’armée.
Début de la Longue Marche, fuite des communistes.
1931 Les Japonais envahissent la Mandchourie. Ils créent l’état indépendant du Mandchoukouo.
1933-35 Les Japonais avancent en Chine du nord.
1935 Mao Zedong est rétabli comme chef du Parti communiste.
1936 Incident de Xi'an.
Les communistes capturent Tchang Kai-shek et l'obligent à participer au front uni contre le Japon.
1937 Le Japon envahit la Chine du Nord. A Nankin l’armée Japonaise se livre à un important massacre de civils.
1938 Le gouvernement nationaliste se replie à Chongqing.
1940 Wang Jingwei crée à Nankin un gouvernement à la solde des Japonais.
1941 Les Japonais s'emparent de Hong-Kong.
1944 Mort de Wang Jingwei.
1945 Août : capitulation japonaise.
Les communistes occupent le nord de la Chine.
Les nationalistes occupent la plus grande partie du territoire.
1946-49 Guerre entre communistes et nationalistes.
1949 1er octobre : proclamation de la République populaire de Chine.
Tchang Kai-shek replie les institutions de la République de Chine à Taiwan.

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Introduction du réalisateur
Ang Lee : A mes yeux, aucune histoire de Eileen Chang n’est plus belle ou plus cruelle que « Lust, Caution ».
Elle a travaillé sur cette histoire pendant des années, y revenant comme un criminel retournerait sur la scène de son forfait. Pour faire notre film, nous n’avons pas vraiment adapté l’oeuvre de Chang, nous l’avons ré-interprétée, tout comme ses personnages jouent et rejouent leurs rôles.
Eileen Chang décrit la violente émotion ressentie par Wong Chia Chi, alors toute jeune étudiante, après avoir joué sur scène pour la première fois ; sa difficulté à la calmer, même après un souper avec ses amis du théâtre et une promenade.
En lisant cela, mon esprit m’a brusquement ramené à ma première expérience sur scène, en 1973 à l’Académie des Arts de Taipei. La même énergie à la fin de la pièce dans laquelle je jouais. J’ai compris à quel point cette expérience était importante dans l’oeuvre d’Eileen Chang et comment elle pouvait être utilisée dans le film.
Elle comprenait le jeu d’acteur comme quelque chose de brutal par nature : les animaux, comme ses personnages, utilisent le camouflage pour échapper à leurs ennemis et pour leurrer leur proie. Mais l’imitation et la représentation sont aussi des moyens de s’ouvrir à davantage d’expérience, à de nouveaux rapports aux autres, ainsi qu’à l’art et à la vérité.

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Notes de production
Bill Kong, producteur : Ce film est une magnifique histoire d’amour … En tant que producteur, je suis toujours à la recherche de projets qui peuvent voyager au-delà des frontières de l’Asie.

Rodrigo Prieto, directeur de la photographie : Je savais que ce projet serait intéressant visuellement, et très différent de ce que Ang et moi avions fait sur Le Secret de Brokeback Mountain. L’histoire me fascinait. Elle est très touchante, bien qu’elle ne soit pas d’un romantisme facile.

Bill Kong : Eileen Chang est l’une des icônes de la littérature contemporaine en Chine. Son oeuvre parle des temps qui changent dans son pays, des transformations successives de la Chine et ses commentaires sont ceux d’une observatrice de son époque. Elle a beaucoup écrit sur Shangai et ses habitants.

Ang Lee, réalisateur : Je ne connais pas d’écrivain Chinois contemporain plus respecté, aimé et discuté. Cette nouvelle est différente du reste de son oeuvre. Je pense qu’en bien des aspects elle a structuré cette histoire comme un film.

James Schamus, scénariste / producteur : Ang avait cette histoire en tête depuis des années. Nous avions toujours parlé de faire un film en Chinois après Le Secret de Brokeback Mountain. Pour incarner le rôle de la jeune Wong, il nous fallait quelqu’un de suffisamment courageux émotionnellement pour assumer le rôle, comme Maria Schneider pour Le Dernier Tango à Paris. Le personnage trouve un sens à sa vie, en allant dans des endroits dont elle ne soupçonnait pas l’existence.

Ang Lee : Lorsque j’ai vu Tang Wei, j’ai pensé « Elle a le visage d’une femme de Chine du Sud », ce dont nous avions besoin. En la rencontrant, j’ai su tout de suite qu’elle avait aussi le tempérament nécessaire. A la fin de l’audition, il était clair qu’elle avait un grand potentiel pour jouer les nombreuses facettes du personnage. Les jeunes acteurs du film apprenaient beaucoup sur la Chine de leurs grandsparents, ce qui était très émouvant pour moi. La Chine a vécu beaucoup d’épreuves et des choses se sont perdues ; si cette génération ne se connecte pas avec le passé, laquelle le fera ? Cela faisait partie de notre mission.

Tony Leung, acteur (Mr. Yee) : Le scénario m’inspirait, car à cette nouvelle de grande qualité, il donnait une ampleur très large et très riche. Quand Ang, un réalisateur que j’ai toujours admiré, m’a contacté la première fois, il m’a dit qu’il voulait créer à l’écran un Tony Leung que vous n’aviez jamais vu auparavant. J’étais moi-même à la recherche de cela …

Ang Lee : Nous avons bien eu une petite hésitation au moment de choisir Tony. Bien que ce soit l’un des meilleurs, sinon le meilleur acteur, de l’industrie cinématographique chinoise, il joue surtout des rôles de « gentils ». Mais c’était l’acteur avec lequel j’avais toujours voulu travailler.

Wang Leehom, acteur (Kuang Yu Min) : Il m’arrivait de venir sur le plateau certains jours où on n’avait pas besoin de moi, simplement pour voir Tony travailler. J’ai vu comme il avait à la fois cette douceur et cette force extrême qui vient de l’intérieur. En le regardant faire prise après prise, j’ai beaucoup appris.

Tony Leung : Ang sait amener les acteurs à dépasser leurs limites. Il a aussi des exigences très strictes et au début, j’avais l’impression que c’était impossible de le satisfaire. Autrefois, en voyant ses films, je me demandais pourquoi les acteurs jouaient si bien. Maintenant que j’ai travaillé avec lui, je comprends que c’est parce qu’il vous apprend et qu’il vous donne tant d’informations que le personnage acquiert une réelle intensité. Le jeu qu’il demande est tellement précis ; et en même temps il donne énormément de liberté à ses acteurs. En retour, ceux-ci donnent donc le meilleur d’eux-mêmes. L’atmosphère de travail est excellente. Je me sentais très à l’aise avec Tang. Elle travaillait très dur et c’est quelqu’un de très sensible. J’adore travailler avec des acteurs qui n’ont pas encore de schéma de fonctionnement ; elle se mettait vraiment dans la peau du personnage et je ne savais donc pas toujours ce qu’elle allait faire ensuite. Mon rôle est un réel défi. J’ai beaucoup lu sur cette période et les gens qui y vivaient. Yee est devenu un mélange de quelques uns des meilleurs agents secrets de cette époque. Au début il avait certainement beaucoup d’idéaux et l’ambition de faire quelque chose pour son pays mais son travail est devenu infernal et il intériorise tout. Il y a aussi en lui différentes facettes de la nature humaine. De l’amour, mais aussi du déni de soi ; il pense qu’il n’a pas de sentiment, parce qu’il ferait tuer n’importe qui – ses amis, ses supérieurs, ses anciens camarades de classe. Il traite Wong comme il le fait pour réaffirmer sa propre existence ; comme le dit Ang « l’amour et la torture coexistent. » Mais à travers elle, il trouve quelque chose d’innocent et de très humain qu’il voulait éviter.

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Rodrigo Prieto : Durant la pré-production, Ang m’a dit qu’il voulait trouver une « lumière de tueur » pour Mr Yee à certains moments précis. Puisque le travail de Yee inclue la torture de suspects, je pensais au vacillement d’une lueur ambrée dans ses yeux, qui rappellerait la lueur d’un tisonnier chauffé au rouge comme ceux qu’on utilisait pour marquer les gens. Nous avons monté ensemble des ampoules de Noël et nous avons fait se refléter la lumière sur Tony durant l’une des premières scènes en rapport avec son travail, puis de nouveau pendant quelques échanges intenses entre lui et Tang Wei. Cela ajoutait une touche de folie au regard fixe de Tony.

Tony Leung : Ang me donnait des indications de langage corporel – posture et gestes – et de voix ; je vocalisais depuis différents endroits à l’intérieur de moi, pour trouver une voix qui ne soit pas la mienne, ni celle de précédents films. Le mandarin n’est pas ma langue maternelle et je devais aussi travailler cela.

Wang Leehom : Sur le plateau, je n’ai jamais vu Ang Lee prendre de notes ; pas de liste de prises de vues, ni de story-board. Tout est dans sa tête. Il est concentré, honnête, précis et réfléchi. Il est confiant, jamais suffisant. En fait, il m’a stupéfié par son humilité.

James Schamus : Wang Leehom est compositeur, l’idole pop numéro un en Asie. C’est peut-être un acteur néophyte, mais c’est déjà un artiste d’une expérience considérable. Il est arrivé prêt et il a atteint les niveaux qu’Ang demandait.

Wang Leehom : Rencontrer une icône comme Ang Lee, qui traverse les frontières entre les langues et les générations était impressionnant… J’ai commencé mes recherches six mois avant le tournage, en commençant par la calligraphie. Ang savait que la musique de cette époque m’aiderait beaucoup, puisque je suis musicien. Je me suis aussi imprégné de ce qu’un étudiant de l’époque lisait et écoutait. En travaillant sur Lust, Caution, j’ai beaucoup appris sur la Seconde Guerre Mondiale et la culture chinoise. Mon personnage, Kuang est un idéaliste passionné dont je me sentais très proche. Les étudiants de cette époque brûlaient de l’intérieur. Mes grands-parents m’ont aidé à comprendre et ma grand-mère pleure encore lorsqu’elle raconte comment toute sa famille a été assassinée par des soldats japonais. La façon dont mon grand-père parle et se tient était pour moi un point de référence, et quand j’ai revêtu la tunique pour la première fois, je lui ressemblais vraiment beaucoup.

Bill Kong : Pendant l’occupation japonaise, Shanghai était la ville la plus cosmopolite du monde, plus encore que New York. Il y avait de nombreuses populations différentes qui y vivaient, des membres de la Mafia aux Russes Blancs. En matière d’espionnage, pendant la Seconde Guerre Mondiale, il n’y avait pas d’endroit comparable. Dans Lust, Caution tout cela prend vie sous vos yeux.

Rodrigo Prieto : En termes de couleur, nous voulions que Hong Kong ait un peu plus d’éclat que Shanghai ; quand les personnages plus jeunes sont à Hong Kong, ils ont encore un peu d’innocence. A la fin de leur séjour à Hong Kong, ils la perdent. Pour Shanghai, nous voulions une atmosphère de film noir, mais réaliste. Wong joue un personnage, donc il devait y avoir au moins une touche de style. Mais ce qu’elle fait à Shanghai est tout à fait réel.

James Schamus : Le Shanghai recréé dans les Shanghai Film Studios était probablement le plus grand décor sur lequel je sois jamais allé ; vous pouviez vous tenir là et regarder jusqu’en haut d’une rue entière, puis de l’autre côté, jusqu’en bas d’une autre. L’équipe a habillé 182 devantures de magasin différentes, les a stockées, puis les a toutes vieillies pour qu’elles ne semblent pas neuves. Nanjing Road, où sont tournées les séquences de la bijouterie, faisait partie du quartier de Shanghai le plus riche et le mieux protégé pendant les années 1941/42 que nous dépeignons. Les panneaux sont en anglais, car c’était là que les étrangers anglophones venaient pour les courses et les loisirs. En bas de la rue, les panneaux sont en chinois ; Nanjing Road était le lieu de rencontre des deux communautés. Le café d’où Wong téléphone puis attend, est la réplique d’un vrai café qui était à l’angle de cette rue à Shanghai dans les années 40. L’équipe a fait un travail d’artisanat extraordinaire. Il a permis à Ang de créer la réalité qu’il voulait pour ces séquences.

Ang Lee : Recréer l’époque de Jane Austen (pour Raison et Sentiments) était plus facile…

Bill Kong : Avec les changements et l’ouverture de la Chine, nous avons pu faire que ça marche, et faire une réplique de la ville telle qu’elle était avec les décors construits par notre équipe. La main-d’oeuvre et les ressources étaient là, et le gouvernement chinois nous a aidés ; pas seulement au niveau financier, mais aussi en terme de dévouement. Au cours de ces dernières années, la Chine est devenue plus bienveillante avec les réalisateurs et plus ouverte sur le monde qu’elle ne l’était autrefois.

James Schamus : Avec Lust, Caution Ang adapte à l’écran une idée transcendante avancée par Eileen Chang ; un être humain tentant de reprendre le contrôle de sa vie qui lui échappe.

Ang Lee : Le titre original Se Jei ne fait pas seulement référence à l’amour et au sexe, mais aussi à la vie et à l’art, La soif de vivre ; la prudence en société. Et tout cela est aussi le point de vue d’une femme.

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Fiche technique
Réalisé par : Ang Lee
Scénario de : Wang Hui Ling et James Schamus
D’après la nouvelle « Se, Jei » de : Eileen Chang
Directeur de la photographie : Rodrigo Prieto, A.S.C, A.M.C
Montage : Tim Squyres, A.C.E
Costumes et décors : Pan Lai
Musique composée par : Alexandre Desplat
Casting : Rosanna Ng
1er assistant réalisation : Rosanna Ng
Superviseur artistique : Olympic Lau Sai Wan
Produit par : Bill Kong, Ang Lee et James Schamus
Producteurs exécutifs : Song Dai, Ren Zhong Lun et Darren Shaw
Co-producteurs exécutifs : Wang Hui Ling et Stephen Lam
Co-producteurs : Doris Tse et David Lee

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de



remerciements à
Camille Moreau
logos, textes & photos © UGC Ph
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Publié dans PRÉSENTATIONS

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