* Le voyage de Primo Levi

Publié le par 67-ciné.gi 2008

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Le voyage de Primo Levi documentaire de Davide Ferrario

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durée : 1h32
sortie le 12 mars 2008

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à partir du 12 mars 2008 au cinéma


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Synopsis
Un road-movie dans le temps et l'espace
La Mémoire - Point de départ du voyage: Auschwitz. Une question centrale plane sur les images de la cérémonie du 60ème anniversaire de la libération du camp: que signifie la mémoire aujourd'hui? Le voyage commence sur cette question ouverte…
Le Travail - Nous restons en Pologne, proche de Cracovie, et retrouvons Andrzej Wajda, notre guide dans l'immense aciérie vide de Nowa Huta construite par le régime communiste dans les années 50. Là où jadis des drapeaux rouges flottaient fièrement, on ne trouve aujourd'hui que des ruines et des églises récemment construites.
L'Identité - En traversant l'Ukraine, nous nous arrêtons à L'viv et cherchons à comprendre la mort mystérieuse de Igor Bilozir, un artiste tué par des jeunes gens parlant russe parce qu'il chantait en public des chansons ukrainiennes. Nous continuons notre route vers l'Est, traversons Zmerenka, où Primo Levi passa de nombreux jours en attente de trouver un moyen pour se loger.
Un Monde à part - Nous dévions soudain vers le Nord et la Biélorussie. Nous visitons ce qui reste du Goulag de Novograd-Voljinsky, et atteignons la frontière. Ici, rien n'a vraiment changé depuis le temps des Soviètes. Le réalisateur et le scénariste sont emmenés par le KGB local; tout finit par s'arranger et, à la surprise générale, l'agent du KGB devient l'hôte d'une balade guidée du kolkhoz, irrésistible, à la manière de Billy Wilder.
La peste - En quittant la Biélorussie nous entrons dans la zone interdite de Chernobyl, qui s'étend des deux côtés de la frontière avec l'Ukraine. Nous visitons la ville fantôme de Prypiat': un survivant raconte son histoire familiale. Notre route continue vers le sud. A Kazatin nous percevons l'atmosphère de l'histoire de Levi avec une jeune-fille russe. A Mogylev-Podilskji, nous suivons les pas d'un chameau et nous retrouvons au milieu d'un zoo itinérant qui semble tout droit sorti d'un film de Fellini.
L'Émigration - En Moldavie, le pays le plus pauvre d'Europe, nous prenons un bus d'émigrés forcés de quitter leur pays. Leur destination: l'Italie.
Nouveaux horizons - En Roumanie, nous traversons le Danube sur la barque de pêcheurs locaux. Des histoires se croisent et s'opposent, entre passé et présent: une famille italienne pauvre qui immigra ici au début du siècle dernier et un entrepreneur italien venu en Roumanie pour ses moindres coûts industriels et de main d'oeuvre.
La nouvelle vieille Europe - Dans le village pittoresque de Curtici, en Hongrie, nous entrons dans l'Union Européenne. De nouvelles contradictions nous attendent - comme ces Chinois qui gèrent le marché où soixante années plus tôt Primo Levi était en quête de nourriture…
Nous traversons rapidement la Hongrie, la Slovaquie, l'Autriche, l'Allemagne. Le ton change, comme dans la Trêve.
Nous assistons à un meeting neo-nazi, accompagnés des mots de Levi.
L'épreuve - C'est la fin de notre voyage: l'Italie. Levi s'y suicidera en 1987. L'ami de longue date de Primo Levi, le grand écrivain Mario Rigoni Stern, lui-même survivant de la guerre, nous donne une dernière touche d'espoir et de dignité.

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Avant-propos
Le 27  janvier 1945, Primo Levi, l'auteur de Si c'est un homme, est libéré du camp d'Auschwitz. Il lui faut dix mois de détours et des milliers de kilomètres pour arriver chez lui à Turin. Il traverse la Pologne, l'Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie, l'Autriche, l'Allemagne et atteint enfin l'Italie. Cette histoire - ses aventures, ses rencontres et ses observations - est racontée dans son livre La Trêve.
Soixante ans plus tard, Davide Ferrario et Marco Belpoliti, réalisateur et scénariste du film, ont décidé de parcourir le même itinéraire que Primo Levi. Un voyage étonnant et émouvant, historique et géographique. Le film qui en résulte est à la fois un road movie sur les pas de Primo Levi, et une peinture de cette nouvelle Europe encore reliée aux restes de l'Union soviétique, ses mouvements neo-nazis, Tchernobyl, les villages d'immigrés…
Un road movie sans acteurs mais avec une quête. Primo Levi a vécu la fin de la trêve entre la fin de la 2ème Guerre et le commencement de la Guerre Froide; aujourd'hui cette trêve pourrait être celle qui a commencé le jour de la chute du mur de Berlin et s'est terminée avec l'attentat des tours jumelles, le 11 septembre 2001. Le film, sans jamais chercher à définir ce qui nous attend, fait simplement le point, sans préjugés, à un moment précis: des rencontres, des paradoxes apparaissent, avec lesquels nous, européens, devons vivre.

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Entretien avec Davide Ferrario
- : Comment avez-vous eu l'idée du Voyage de primo Levi ?

Davide Ferrario : En réalité, c'est Marco Belpoliti qui est venu me voir avec cette idée. Nous nous connaissions depuis un moment, il appréciait mes documentaires on the road, mon plus ambitieux étant Sur le 45ème parallèle, pour lequel nous avons suivi ce parallèle (à mi-chemin entre le Pôle et l'Equateur) des plaines italiennes au désert de Gobie, en Mongolie. Mes documentaires se fondent le plus possible sur l'inattendu, avec des rendez-vous et des événements imprévus. Marco me considérait comme le bon réalisateur pour ce projet - reparcourir l'itinéraire de Primo Levi tel qu'il est décrit dans La Trêve - qu'il murissait depuis avoir dirigé la publication des oeuvres de Primo Levi chez Enaudi.

- : Et qu'avez-vous répondu à sa demande ?

Davide Ferrario : J'étais enchanté et à la fois intimidé. On ne peut considérer avec légèreté un écrivain comme Primo Levi, qui écrit toujours avec élégance, même pour décrire les scènes les plus terribles. Un constat m'a définitivement convaincu de relever le défi: nous venions nous-mêmes de sortir d'une trêve, comme Primo Levi quand il écrivit son roman. Comme lui nous allions observer ce qui était arrivé en Europe depuis la chute du communisme, comment les gens et les cultures allaient entrer dans un nouveau siècle d'incertitudes. J'ai senti que le film serait autant sur Primo Levi que sur nous - voilà ce qui m'a vraiment convaincu.

- : Il est très intéressant de voir à quel point l'oeuvre de Primo Levi répond aux images du film. Aviez-vous un scénario avant de tourner ? Ou bien avez-vous juste tourné en cherchant à faire coïncider par la suite les bons passages du livre ?

Davide Ferrario : C'est une question très intéressante. Je ne sais plus moi-même dans quel ordre nous avons opéré. Après les repérages, Marco et moi avons conçu une idée générale de la structure du film: définir un thème de référence pour chaque pays par exemple. Mais quand nous avons commencé à tourner, rien n'a suivi un planing strict. J'avais toujours le livre de Levi sur moi, je regardais et je lisais de façon simultanée, dialectique. Et je crois au destin. Par exemple il y avait deux sujets que je souhaitais traiter en Biélorussie: la beauté de la nature, qui remit Primo Levi en paix avec l'univers après Auschwitz; et le contrôle politique du régime sur les vies des gens aujourd'hui. Le moyen le plus simple et banal de faire apparaître ces deux aspects d'un même lieu aurait été de faire suivre des plans d'un magnifique arc en ciel d'une interview d'un dissident qui aurait pointé du doigt la politique de Lukacenko. Mais quand nous avons été emmené par le KGB local dans un village par lequel Primo Levi était passé, j'ai tout de suite senti que c'était la façon de raconter l'histoire - en enregistrant ce qui était en train d'arriver à l'équipe dans un vrai style de cinéma-vérité. Rien ne pourrait expliquer les choses mieux que ça. Et après avoir passé quelques jours dans le village avec ses habitants, y compris avec les types du KGB, nous étions tous d'accord avec les mots de Primo Levi concernant les mêmes villageois.
Nous étions touchés par leur bonne humeur, ce qui rendait leur condition improbable. Je n'aurais jamais pu prévoir cela.
La plupart des choses dans le film se sont déroulées de la sorte, nous n'avions qu'à être prêts à écouter la chance et cueillir nos rendez-vous et les histoires que nous souhaitions raconter.

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- : Maintenant que vous avez fait le film, quelle est votre idée de l'Europe ?

Davide Ferrario : Très contradictoire. Là où le capitalisme (et parfois la démocratie) enfonce ses racines, tout ce qui concerne le passé est balayé. La globalisation uniformise tout, partout. Les gens sont peut-être plus libres, mais ils perdent leur identité. Ils sont peut-être libres de se déplacer mais où peuvent-ils aller s'ils n'appartiennent à aucun lieu ? En Europe, où chaque pays, chaque peuple, chaque ville possède une histoire individuelle forte, c'est un drame. Il était très intéressant de voir les réactions de nos interprètes et de nos guides. C'est cette dialectique qui va former notre nouvelle Europe.

- : Votre film semble avoir impliqué des coûts de production plus élevés que d'habitude, surtout pour un documentaire italien.

Davide Ferrario : Je me suis dit - en tant que réalisateur-producteur - que nous avions là un projet ambitieux et qu'il fallait le considérer à sa juste mesure. Pas seulement pour Primo Levi, mais aussi parce que les décors étaient splendides. En même temps nous n'avions pas l'argent pour le tourner entièrement en pellicule. Nous avons donc combiné vidéo et pellicule, en faisant de cette contrainte un choix artistique. Il y a un niveau d'images plus réfléchies, en pellicule; et beaucoup d'autres, capturées telles quelles, nous apparaissaient, en vidéo. En fin de comptes, le format scope donne une unité à l'ensemble. J'espère que ce film participera à la renaissance du documentaire italien. Nous avons une solide tradition dans ce domaine, tristement négligée par les pouvoirs en place depuis quelques années. Mais il y a de grands documentaristes en Italie. Le système devrait leur donner une chance.

- : Vous considérez-vous plus comme un réalisateur de fiction ou de documentaires ?

Davide Ferrario : Les deux. Mais j'avoue préférer les documentaires. Je crois qu'ils reflètent la vraie nature du cinéma. Pensez-y… À l'époque des frères Lumière, tout a commencé avec quelques plans de travailleurs et d'un train entrant en gare. C'était un documentaire, et une fiction aussi - perçue de la sorte par le public en tout cas. C'est exactement la dimension que j'aime : créer une sorte de fiction à partir d'un matériau documentaire - et d'utiliser les techniques du documentaire pour réaliser une fiction. Les deux ne sont pas si séparés. Le documentaire est simplement plus honnête.

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Fiche technique
Réalisé et produit par : Davide Ferrario
Scénario : Davide Ferrario, Marco Belpoliti
Montage : Claudio Cormio
Directeur de la photographie : Gherardo Gossi, Massimiliano Trevis
Musique : Daniele Sepe
Narrateur : Umberto Orsini
Son : Gianni Sardo
Produit par : Rossofuoco et RaiCinema
Avec le soutien du : Ministero per i Beni e le Attività Culturali - Direzione Generale per il Cinema, Media et Film Commission Torino Piemonte

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements
à Guillaume, Pierre-François Bernet et François Scippa-Kohn
logos, textes & photos © www.chrysalis-films.com
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Publié dans PRÉSENTATIONS

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